Un voyage à moto de Shanghai à Qinghai
Christopher St Cavish vivait à Shanghai depuis un an et demi et commenҫait à en avoir assez du ciel gris et des gratte-ciels. En l'espace d'une nuit, il prend la décision de démissionner de son poste de chef-cuisinier à l'hôtel Shangri-la, achète une moto et entreprend un voyage à travers la Chine. Durant son périple, il apprécie le ciel bleu, la nature sauvage et la campagne chinoise. En résumé, tout ce qui lui manquait à Shanghai.
"Les trains, les avions et les bus entravent votre liberté de voyageur” argumente Chris pour expliquer le choix de son véhicule. "Lorsque vous empruntez les transports publics, vous ne pouvez pas décider où et quand vous voulez vous arrêter. Vous parvenez juste à capter ici et là quelques moments furtifs, au lieu d'apprécier réellement chaque kilomètre." Chris se décrit comme un garҫon curieux qui aime l'aventure et qui souhaite choisir sa propre route. Au départ il avait envisagé de traverser la Chine à vélo mais le manque de temps et d'argent l'ont contraint à revoir ses plans.
Par l'intermédiaire de ses contacts en Chine, Chris a trouvé un partenaire qui lui a procuré un side-car de la marque Chang Jiang pour la durée de son voyage. En retour Chris s'assure de la visibilité de la marque auprès des médias. Il a également conclu un accord pour alimenter quotidiennement un blog, consacré à son voyage, sur un site web de Shanghai.
Le side-car constitue un excellent ”compagnon” de voyage, Chris pouvant y accumuler tout son nécessaire de voyage, équipement de camping et nourriture. Il a également prévu un sac de vêtements qu'il distribue aux personnes nécessiteuses qu'il ne manque pas de croiser sur sa route.
“Quatre jours après mon départ, le paysage industriel de Shanghai fait place aux rizières de Zhejiang”se souvient Chris. “C'est un des moments forts, la vue était vraiment époustouflante. De là je suis allé à Anhui, une des régions les plus pauvres de Chine mais également une des plus belles, avec des chaînes de montagnes, de magnifiques lacs et un ciel bleu d'une extrême pureté. Quand je suis arrivé à Anhui, j'ai vraiment eu le sentiment que mon voyage commençait” poursuit-il.
Lors de son voyage il visite également la montagne jaune et le barrage des trois gorges. Il poursuit en direction du nord vers Shaanxi, capitale des noodles.Chris s'arrête presque dans chaque village pour se délécter d'un bol de noodles. A son plus grand désarroi, il n'aura pas le temps de visiter l'armée en terre cuite de Xian.
De Shaanxi, Chris se dirige vers Qinghai. Le paysage se mue en vastes plaines. “À Qinghai, vit un bon nombre de minorités ethniques, comme les turkmen et les kazakhs. En les observant, je me suis rendu compte qu'ils menaient une vie très rude. Le climat est difficile et la région très pauvre malgré l'incroyable beauté du site.”
Chris nous explique que camper sur la propriété d'autrui n'est pas aussi simple que dans les pays occidentaux. La plupart des propriétaires n'hésitent pas à alerter les autorités lorsqu'ils constatent la présence d'une tente sur leurs terres. Sur la route entre Shanghai et Gansu, les terrains non cultivés se font rares et Chris nous explique qu'il pouvait à peine se reposer quelques instants sur le bord de la route sans représenter une menace potentielle pour la récolte d'un charmant paysan du secteur. Il n'a donc pas beaucoup utilisé son sac de couchage, heureusement les hôtels sont nombreux et bon marché et représentent l'avantage d'offrir de la propreté et de l'eau chaude. Le prix moyen d'une nuit d'hôtel est de dix euros.
Chris n'a pas spécialement planifié son voyage et son itinéraire est plutôt dicté par les circonstances, en l'occurrence la capacité du réservoir d'essence, les repas et le besoin de sommeil. Il est toutefois ravi d'avoir accompli son périple dans les temps fixés. Après trois semaines Chris et son “fidèle destrier” prennent le train à Qinghai pour un retour sur Shanghai.
"Effectuer ce voyage est sans aucun doute l'une des meilleurs décisions que j'ai prises de toute ma vie! Je n'hésiterai pas une seconde à reprendre la route” affirme Chris. Il pense que son approche naïve et enthousiaste a fait de ce voyage un immense succès. Bien que son chinois soit loin d'être parfait, il n'a pas rencontré de difficultés majeures à communiquer avec les gens. “ Ma moto est tombée en panne à plusieurs reprises lors de cette expédition. Lorsque je suis arrivé à Qinghai, je connaissais presque chaque mot de vocabulaire mécanique en chinois.” s'esclaffe Chris. Il a eu la chance de tomber, à chaque fois, sur des gens aimables et serviables, comme il en existe beaucoup en Chine.



