Un premier jour à Pékin

Un premier jour à Pékin

le portrait de Mao sur l'entrée de la Cité Interdite posant son regard sur Tiananmen
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Nous sommes jeudi 31 octobre. Je m'apprête à effectuer mon premier voyage en Chine. À l’aéroport d’Helsinki, je me demande à quoi peu rassembler Pékin. Voilà plus de deux ans et demi que je travaille en relation avec la Chine et je suis soumis à d’innombrables photos de cette ville. Mais, les Jeux Olympiques passés, la capitale chinoises sera-t-elle comme je l'imagine.

Je m’attends à trouver une ville assez fortement polluée, encombrée de voiture d'un autre âge. Une ville qui grouille de monde avec des forces de l’ordre très présentes.

19h30, il est l’heure d’embarquer. Après avoir regardé Kung Fu Panda, je m’assoupis quelques heures.

Vendredi 1 novembre, 9h40, l’Airbus A340 de la Finnair atterrit à l’aéroport international de Pékin. Je traverse un grand hall moderne, mais aussi très vide à cette heure-ci. Après les formalités administratives, je récupère mes bagages et me dirige vers la sortie. Sunny, une collègue du bureau de Pékin de mon entreprise, doit me prendre et me conduire à mon hôtel. Je dois dire que cela rend les choses plus faciles. Découvrir quelque chose d’inconnu avec une personne que l’on connaît est toujours plus aisé.

Malgré son changement de coiffure, je reconnais sans trop de problème Sunny. À la sortie du parking, je constate que le temps est radieux. Une température agréable, environ 16-17 degrés, et un soleil éclatant. Arrivé à Pékin, la circulation se densifie, et après quelques ralentissements sur le deuxième périphérique, nous nous engageons sur l’échangeur pour prendre “Chang’an”, la grande artère qui traverse Pékin dans un axe est-ouest. Un de mes premiers étonnements est le nombre de voiture neuves des marques Volkswagen (modèle “Sagitaire) et Audi (A6 longue).

L'aéroport international de Pékin, un grand hall moderne mais très vide
L'aéroport international de Pékin, un grand hall moderne mais très vide (Source: Radio86)

Venant de l’est nous allons vers l’ouest. La vue est très dégagée. Au loin, je peux même distinguer les montagnes en arrière-plan de Pékin. “Aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de pollution”, me dit Sunny. “On peut voir les montagnes là-bas”, me précise-t-elle en me montrant les montagnes dont je contemplais les lignes depuis plusieurs minutes.

De part et d’autre de la “Chang’an” on peut voir des immeubles du plus moderne au plus vétuste. Sur un pont, j’ai l’occasion de voir en contre-bas. Un grand mur protège (ou cache, c’est selon) des habitations de plein-pied dans un état plus que délabré. Le mur est “décoré” d’une bannière colorée “Beijing 2008, one world, one dream”, au vue de ce qu’il y a derrière je trouve cette inscription quelque peu ironique…

Sunny continue à me faire sa visite, me montrant tour à tour les grands hôtels et grands centres commerciaux qui jalonnent cette artère.

On passe entre la place Tiananmen et la Cité Interdite. Le premier endroit où j’aperçois des militaires au garde-à-vous devant le drapeau rouge orné des cinq étoiles dorées. Autour des barrières qui protègent le drapeau, des masses de Chinois se pressent pour prendre une photo d’eux devant le drapeau avec en arrière plan la garde au garde-à-vous. De l’autre côté de l’avenue, sur la façade de la Cité Interdite, un grand portrait de Mao semble veiller à la tenue de la garde.

Des barrières séparent les deux fois quatre voies de circulation de “Chang’an”. À côté de ces barrières, je constate un agent de police posté tous les 100 mètres. Je demande à Sunny s’il y a toujours autant de policiers. Elle me répond qu’ils sont là pour pouvoir fermer une bande de circulation afin que les convois d’officiels puissent circuler plus aisément. En effet, elle avait à peine fini sa réponse que les agents plaçaient des cônes sur entre la troisième et la quatrième bande, laissant celle de gauche complètement dégagée. Quelques minutes plus tard, un convoi de voiture et de minibus passent à tout allure.

Après une heure de route, on arrive à mon hôtel, le Guohong. Je dépose mes valises dans ma chambre - sans vraiment prêter attention à mon logis - et je redescends avec Sunny pour aller manger dans un petit restaurant à côté de l’hôtel. Après un repas délicieux mais fort épicé, Sunny me laisse et je vais me reposer une petite heure. Dans deux heures je dois rencontrer Evelyne Letawe, une Belge qui présente le journal télévisé de la chaîne francophone de la CCTV.

Il est 15h00. Je me prépare à aller retrouver Evelyne Letawe dans le centre commercial Guiyou. Je décide de suivre les conseils de mon collègue Mika qui est venu à Pékin il y a un mois. Car, bien qu’ils sont supposés avoir appris l’anglais pour les Jeux Olympiques, très peu de chauffeur de taxi sont réellement capable de comprendre la langue de Shakespear. Le conseil de Mika est le suivant. Connaître les différents endroits où on désire se rendre. Descendre à la réception de l’hôtel, car on y trouve généralement au moins une personne qui peut bredouiller quelques mots d’anglais où qui du moins semble vous comprendre. Vous demandez ensuite à cette personne d’écrire sur des cartes de visite de l’hôtel les noms des endroits où vous désirez vous rendre en caractère chinois. D’expérience cette méthode est de loin plus efficace que de montrer sur le plan l’endroit où vous désirez vous rendre ou encore que de montrer le nom en pinyin (écriture occidentale du chinois). Un autre aspect pratique de cette méthode est que comme vous avez la carte de l’hôtel, vous pouvez toujours revenir à votre point de départ.

Un trafic fluide à Pékin
Un trafic fluide à Pékin (Source: CNS)

Muni de ma petite carte, je prends un taxi en stationnement devant l’hôtel. Première expérience dans un taxi pékinois. Ca change de bande sans prévenir, ça s’impose dans le trafic, et les feux rouges sont des départs de Formule 1, ou presque. Pour le prix c’est facile, vous recevez toujours un reçu écrit avec des chiffres arabes - les courses se font toujours au compteur, n’acceptez jamais de prendre un taxi qui est d’accord de vous prendre pour une certaine somme.

Après un léger lèche vitrine où j’ai pu constater que l’on fait de meilleures affaires à New York qu’à Pékin, je retrouve ma compatriote et nous décidons d’aller discuter autour d’un café. Un petit bout femme étonnant et plein de vie avec une bonne dose d’humour “à la belge”, une rencontre des plus sympathique avec des expressions très imagées qui me reviendront de nombreuses fois dans la tête durant mon séjour…

Après deux heures de discussion, il est l’heure pour moi de retourner à mon hôtel. Il est déjà 18h et Sunny doit passer me prendre dans une grosse demi-heure pour m’emmener goûter le canard laqué, la spécialité de Pékin...