Silk Market : Espace de (fausse) marque

Silk Market : Espace de (fausse) marque

Le sous-terrain du centre commercial "Silk Market"
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Désirant profiter de mon séjour à Pékin pour faire un peu de shopping je demande conseils à mon amie Sunny où aller pour faire du shopping pas trop cher. Elle me conseille d’aller à “Silk Market” shopping Mall. Ce centre commercial est situé le long de la “Chang’an”, en plein centre de Pékin, entre le quartier Soho et la Cité Interdite.

Je prends de nouveau un taxi depuis mon hôtel. Après avoir retraverser la ville, en passant devant la place Tiananmen et les quelques hôtels de luxe, mon chauffeur me dépose sur une voie latérale. Il me réclame 26 yuans pour la course, normal. Je paye avec un billet de 100 et il met un certain temps avant de me rendre la monnaie complète… Me voilà à Silk Market (Marché de la soie), un bloc carré de quatre étage avec en effet de nombreux occidentaux dans les parages contrairement aux autres centres commerciales que j’ai pu traverser durant mon séjour.

Je traverse la rue en passant un tunnel. Je me rends compte que le fameux marché commence déjà dans les sous-terrain. Des mini-espaces de vente sont aménagés en deux couloirs. Un(e) vendeur(euse) qui s’occupe de un ou plusieurs espace de vente. Lecteur MP3, sac de voyage, sac-à-main, lunettes de soleil, vêtements de sport ou de ville, clubs de golf, téléphone, vous trouverez de tout dans ce “centre de commerce”, tous des “faux”.

Ma première impression est un étonnement de pouvoir trouver et acheter ces copies si facilement. Voilà plusieurs années que je suis l’actualité chinoise de près, et le problème de la contrefaçon est un problème qui revient souvent. Les autorités chinoises promettent de lutter de plus en plus sévèrement pour préserver les intérêts des marques. Mais sur le plan pratique, en plein centre de Pékin, sur le bord de l’artère la plus importante de la ville, c’est un bloc entier qui a pignon sur rue et où tout n’est que violation des droits de propriété intellectuel.

À peine je passe devant un espace que je suis accosté par une vendeuse. Dans un anglais passable, elle attaque son client, moi. La moindre chose que je regarde, elle essaie de me le vendre et commence directement les négociations. Désignant le prix indiqué 450 yuans (+/- 45 euros) d’un pull d’une célèbre marque au logo d’un joueur de polo, elle me complimente, et prétextant qu’elle me trouve sympa, réduit le prix directement à 350 yuans. Ca me fait sourire. Elle ne nie pas que c’est une copie. Je regarde le pull pour voir la qualité. Erreur. Mon intérêt pour voir la qualité du biens est interprété comme un intérêt d’achat. De toutes évidence c’est une copie, mais l’ensemble à l’air d’une qualité correcte… Je me dit : “aller, pour l’expérience, voyons jusqu’où je peux descendre le prix” et je me dit que je suis prêt à être beau joueur et à acheter si elle accepte un prix que je donne.

Les négociations commencent. Je montre mon intérêt pour un autre pull en “cashmere”. Cela rend les discussions plus intéressantes. Et le prix pour les deux pull devient déjà moins cher que le prix pour une seule pièce. Après de longues négociations, la vendeuse perd un peu patience, s’éloigne mais pour mieux revenir à la charge. Finalement, je m’en suis sorti pour 250 yuans pour les deux pulls. À la fois satisfait, je me dit que j’aurais certainement pu l’avoir moins cher si je n’avais pas dit “250” (les prix ne sont pas prononcés mais écrits sur une calculatrice). Mais c’était amusant.

Arrive ensuite un couple d’occidentaux avec leurs deux filles. Je les accoste, ils parlent français, ce sont des Belges dont l’homme est expatrié à Tianjin pour un groupe de pétrochimie. Je leur demande si je peux les suivre dans leur parcours. Ils acceptent. L’homme parle aussi chinois ce qui semble donner un sérieux avantage pour négocier un prix. Selon leurs conseils, il ne faut pas montrer qu’on est intéressé par un produit afin de pouvoir une position plus forte dans les négociations. Par rapport au prix, ils estiment qu’un prix entre 20 et 30% du prix indiqué est un bon deal. Technique supplémentaire, ne pas hésiter à partir même si le produit est intéressant. Si ce vendeur refuse de vendre à ce prix, un autre le fera. Ce sera peut être le même vendeur qui finalement changera d’avis et le vendra. Si plusieurs vendeurs refusent le prix, c’est qu’ils ne peuvent pas le faire. Dernier conseils, il faut être bon joueur, et si on énonce un prix qui est accepté, il faut acheter.

Je monte à l’étage. Les couloirs de ce marchés sont envahie de monde, principalement des étrangers, Américains, Australiens, Anglais, Allemands, Français,…

Je décide de retenter ma chance selon la technique que l’on vient de m’indiquer. Sur une veste de “marque” scandinave, je joue le jeu. La qualité semble excellente. Si excellente que je me demande s’il ne s’agit pas non pas d’une contrefaçon, mais d’une veste “tombée du camion”. Le prix indiqué est de 280. Je négocie donc pour 100. Après un premier refus, je commence à regarder l’espace de vente situé à côté. Je reviens à la charge. La petite vendeuse ne veut toujours pas accepter mon prix. Je propose d’en prendre deux pour en ramener une à mon amie. La prix pour une veste diminue, mais n’est toujours pas celui que je désire. Après une hésitation, la vendeuse accepte finalement mon prix de 100 yuans par veste.

Je parcours ensuite les étages pour voir les types de produits mis en vente. De tout, on trouve de tout et de toute les “marques”!

Il se fait tard et je décide de partir. Me dirigeant vers la sortie, une énième vendeuse m’attrape par le bras (ce n’était pas la première, et certaines vous retiennent d’une main très ferme… Bonne chance pour qu’elle vous lâche). Elle plonge sa main dans mon sac avec les deux pulls. Elle me demande “combien?”. N’ayant plus aucun intérêt pour un achat, pour qu’elle me lâche et pour voir sa réaction, j’énonce “150” au lieu des 250 réellement payés. Elle hésite un rien et me propose le même deal… comme quoi…