Mon premier voyage en Chine, à Shanghai

Mon premier voyage en Chine, à Shanghai

La Grand Théâtre de Shanghai
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Shanghai, un nom chargé d’histoire et une grande mégapole de Chine. Je viens d’effectuer le clic final sur mon ordinateur, j’ai mon ticket pour l’Extrême-Orient... Me voilà en route pour une destination qui fait rêver.

Que sais-je de Shanghai? À dire vrai, pas grand chose, si ce n’est que les Français y disposaient d’une concession de 1849 à 1946 et que la ville allait organiser l'exposition universelle de 2010. Outre quelques faits historiques comme les concessions étrangères ou le bombardement de la ville par les Japonais en 1937, le seul "contact" que j'avais entretenu avec la bouillonnante cité de l'est de la Chine réside dans la multiple lecture de l'album "Tintin et le lotus bleu", que d'heures ai-je passé devant les dessins et les calligraphies du regretté Hergé.

Tout comme le jeune reporter, quelques décennies auparavant, je m'embarque à mon tour pour Shanghai, avide de découverte et la tête dans les étoiles. À mes côtés, en lieu et place de Milou, le fidèle compagnon de notre jeune héros, se trouve Yichen, ma non moins fidèle compagne et l'initiatrice de ce voyage. Nous sommes tous deux bien calés dans nos sièges, parés pour le décollage de l'aéroport d'Helsinki, du vol Finnair à destination de Shanghai.

Dix heures plus tard, nous atterrissons à l'aéroport international de Pudong et je vais enfin avoir mon premier contact "physique" avec la Chine. Lors de tous mes voyages et de mes découvertes de nouveaux pays ou de nouvelles villes, une constante s'est imposée à moi: le premier feeling est généralement le bon. J'aime ou je n'aime pas et je le sens tout de suite.

Difficile, en tout état de cause de juger une ville à son aéroport, néanmoins une première m'y attend. En pleine pandémie de grippe aviaire, nous sommes en mai 2009, nous devons passer sous un portique pour prendre notre température. Autour de nous, tout le monde porte un masque protecteur et c'est davantage dans une salle d'opération, plutôt qu'un aéroport, que j'ai l'impression d'arriver.

Formalités remplies, nous quittons enfin le terminal des vols internationaux. Les parents de Yichen nous attendent et après de chaleureuses embrassades et quelques traductions de ma compagne, ses parents ne parlent que le Shangahien (et le mandarin, bien évidemment), nous embarquons nos bagages à bord de la voiture et partons à l'assaut de l'heure (sans embouteillage, précise le père) qui nous sépare de leur domicile.

Je peux maintenant commencer à vivre mes premiers "feelings". Tout de suite, je suis impressionné par la densité de population et le grouillement de gens de tous les côtés et dans tous les sens. J'habite la Finlande, un pays peuplé de 5 millions d'habitants et pour moi, le contraste est saisissant. Aux premiers abords de la ville, je suis également frappé par la circulation, absolument invraisemblable pour le "petit Finlandais" que je suis devenu. L'heure prévue se transforme vite en heure et demie, et encore "ça roule bien" selon l'expression du père. Me revient en mémoire le fameux trafic "fluide" du périphérique parisien...

Shanghai est une vraie fourmilière
Shanghai est une vraie fourmilière (Source: Radio86)

Au fur et à mesure de notre avancée dans la ville, je suis également impressionné par deux aspects: La taille des immeubles et la pollution. Les constructions de cette ville sont gigantesques. Un immeuble de vingt étages fait quasiment figure de bungalow... Le World Financial Center, le plus haut bâtiment de Chine, par exemple, culmine à quelques 492 mètres, quasiment une fois et demi la tour Eiffel... En ce qui concerne la pollution, imaginez ce qu'une ville de 20 millions d'habitants est capable de produire comme gaz d'échappement, fumées d'usines et autres joyeusetés pour l'environnement. C'est bien simple, on ne voit jamais clairement le soleil à Shanghai. Une sorte de brume de pollution recouvre la ville de manière permanente, encore une fois, je suis à des années lumière des lacs et de l'atmosphère pure de mon pays d'adoption.

Un autre aspect obtiendra avec le temps, une confirmation: Le bruit. Shanghai est la ville la plus productrice de décibels qu'il m'ait été donné de visiter. Concerts de klaxons, cris, sifflements stridents de policiers, bruits de circulations, un véritable brouhaha qui ne cesse jamais, de jour comme de nuit.

Dans tout ce tintouin, je peux vous dire une chose, j'aime cette ville. Le premier feeling est bon, Shanghai a réussi son examen d'entrée dans le panthéon des villes qui me plaisent. Passé ce premier jugement d'ordre "physique" ou "géographique", reste à découvrir les gens et à me faire une opinion sur le sujet.

Là encore, l'impression a été favorable immédiatement. J'en veux pour preuve l'accueil absolument fantastique que m'ont réservé les parents de Yichen. Je ne pense sincèrement pas que Zinedine Zidane aurait été logé à une autre enseigne. Durant les neuf jours qui constituaient mon séjour à Shanghai, j'ai été traité comme un coq en pâte. J'avais l'impression d'être un personnage important en visite officiel. Cette bienveillance des parents à mon égard s'est confirmée dans tous les endroits où j'ai pu me rendre à travers la ville. Partout j'ai été accueilli avec de grands sourires et partout j'ai trouvé des gens soucieux de me rendre service. Je ne garde absolument aucun mauvais souvenir des relations que j'ai entretenu avec les gens. J'imagine que la présence de Yichen à mes côtés, shangahienne de source, a également dû jouer en ma faveur et m'exempter de quelques mésaventures qui doivent arriver à de parfaits touristes. La seule gêne que j'ai parfois pu éprouver est l'insistance avec laquelle les gens me dévisageaient de la tête aux pieds. Outre mon statut d'Occidental, les gens auraient été impressionnés par ma grande taille (1,93m) selon Yichen.

Étant donné les prix il est impossible de ne pas faire un peu de shopping à Shanghai
Étant donné les prix il est impossible de ne pas faire un peu de shopping à Shanghai (Source: Radio86)

Taille qui m'a d'ailleurs joué des tours au moment au moment des incontournables séances de shopping. Moi, qui ne suis pas un véritable amateur de lèche-vitrine, je me suis tout de même laissé attirer par une politique de prix pratiqués très avantageuse. À la recherche d'un pantalon et d'une veste d'été, j'ai bien cru devoir abandonner ma quête tant ma taille semblait être un problème insurmontable. "Encore cette dernière boutique et on arrête" me dit alors Yichen, elle aussi sur le point de renoncer et dont le pouvoir de conviction féminine m'avait empêché de jeter l'éponge plus tôt, ce qui ne m'aurait pas gêné outre mesure entre nous soit dit. Miracle, cette boutique possédait ma taille. Après les traditionnels marchandages d'usage (confiés bien entendu à Yichen), je repars enfin avec mes emplettes et met un terme à ce cauchemar.

Tout voyage comporte son lot d'anecdotes que l'on raconte à ses amis au retour. Je n'ai pas échappé à cette règle universelle. J'en ai sélectionnées deux. La première est survenue un soir alors que nos souhaitions prendre un taxi pour retourner au domicile des parents de Yichen. Impossible de trouver le moindre taxi et à moins de se jeter à plat ventre sur la route, aucun ne s'arrêterait. Nous choisissons donc l'option bus. À l'arrêt de bus, une foule digne des heures de pointe du métro parisien est en attente. Va-t-on arriver à monter dans le prochain qui semblerait être le dernier? Rien n'est moins sûr! Yichen continue à haranguer des taxis dans l'espoir dans trouver un. Et là, s'arrête un taxi "pirate" qui arrondit ses fins de mois en pareille circonstance. Une autre personne s'y intéresse également. Finalement après quelques palabres incompréhensibles pour le Français que je suis, nous montons en compagnie de l'autre personne avec qui nous allons partager la course. Une fois dans la voiture, s'ensuit une "engueulade" entre le chauffeur, l'autre personne et Yichen. Ne sachant pas de quoi il retourne, je m'enquiers de la situation auprès de Yichen qui me fait signe de me taire. Dans la mesure où le ton monte d'un degré entre les protagonistes, je me prépare au pire et suis prêt à sauter du véhicule au prochain arrêt. Yichen me fait alors signe que tout va bien et qu'elle m'expliquerait après ce qu'il se passe. Finalement le "pirate" nous dépose à l'endroit indiqué et Yichen me dit qu'en fait ils négociaient pour savoir qui de nous ou de la personne serait déposé en premier...

Une autre anecdote concerne la circulation. Vous avez tout intérêt à bien regarder des deux côtés de la chaussée avant de traverser... De nombreux Chinois possèdent des mobylettes qui fonctionnent à l'électricité. Impossible d'entendre le moindre bruit lorsqu'ils se déplacent sur ces engins. Si vous ajoutez le fait qu'ils se déplacent sans lumière la nuit, vous augmentez les probabilités de rencontres fortuites. Pas de lumière, pas de bruit, gros danger!

Pour éviter de passer pour Candide qui aurait effectué un voyage dans son Eldorado, je mets un bémol mais juste un tout petit, histoire de rester fidèle à la réputation qu'ont les Français de se plaindre tout le temps... Il est très énervant de se promener dans le centre de Shanghai et de se faire accoster en permanence par des marchands ambulants qui vous présentent des catalogues. Vous ne pouvez pas faire dix mètres sans en voir un pointer le bout de son nez. C'est la seule contrainte que j'ai pu observer lors de mon voyage. Vous l'avez compris, j'aime cette ville et elle me l'a bien rendu. J'attends désormais mon prochain voyage à Shanghai avec impatience, je vous raconterai...