Les classiques de Pékin: Le temple du ciel
Lorsque vous vous rendez à Pékin, il existe un certain nombre d'endroits que vous devez absolument inscrire dans votre itinéraire. À travers cette série, nous faisons l'inventaire des sites qui valent le détour, en manquer un seul équivaudrait à dire que votre aventure dans la capitale chinoise demeurerait incomplète.
Le temple du ciel (pinyin, Tiāntán), situé dans le quartier de Xuanwu, au sud-est de Pékin, fait partie de cette liste des “incontournables”. À l'époque des dynasties Qing et Ming, les empereurs se rendaient une fois par an dans ce temple, pour prier les divinités d'offrir de belles récoltes.
Un bref historique
Le temple du ciel est un lieu dédié au taoïsme. Il a été édifié entre 1406 et 1420 durant le règne de l'empereur Yongle (1403-1420). Son règne, relativement court, a été placé sous le signe des grandes constructions, il fût également le commanditaire de la cité interdite à Pékin.
Le temple, originellement nommé le temple du ciel et de la terre, a été rebaptisé durant le règne de l'empereur Jiajing (1522-1567) au 16ème siècle. Cet empereur a également étendu la superficie du complexe. Au 18ème siècle, le temple a été rénové sous la conduite de l'empereur Qianlong (1736-1795).
Le temple du ciel a été inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, en 1998. Il est reconnu comme ayant eu une profonde influence sur l'architecture asiatique durant des siècles.
Avant les Jeux Olympiques de Pékin, en 2008, le temple du ciel, a connu une nouvelle période de restauration. Terminée le 1er mai 2006, cette rénovation à coûté la bagatelle de 47 millions de yuans (5.4 million d'euros).
Un haut lieu symbolique
L'agencement du temple du ciel est établi sur le symbolisme et la numérologie. La construction des bâtiments reflète les anciennes croyances religieuses chinoises. La visite procure vraiment le sentiment de se retrouver dans la Chine antique. Lorsque vous pénétrez dans le complexe, que voyez-vous? Le ciel qui s'étire comme un dôme, au-dessus de vous et au-dessus de la terre, apparemment plate.
Cette “vision”est également reflétée dans le complexe du temple du ciel.Tous les bâtiments sont de forme arrondie (comme le dôme du ciel) alors que les fondations et les axes majeurs sont carrés (ou plats, comme la terre). La partie nord du parc est en forme semi-circulaire, alors que la partie sud est en forme de carré. Les deux parties sont séparées par le mur de l'écho, qui entoure la voûte célèste impériale.
Les bâtiments principaux du temple du ciel sont érigés sur un axe central nord-sud. Cet axe est caractéristique des constructions de tous les bâtiments importants édifiés dans la ville impériale. Dans le prolongement de cet axe du temple, on trouve la tour des cloches et des tambours. On y retrouve même les récents sites olympiques comme le nid d'oiseau et le cube d'eau.
Le symbolisme se retrouve jusque dans la couleur surprenante utilisée pour les tuiles des toits, le bleu.
Pour comprendre à quel point le symbolisme est présent dans la configuration de ce complexe de 2,73 kilomètres carrés, il faut se replonger dans la Chine antique et se remémorer que l'empereur était considéré comme “le fils du ciel”. Ce dernier priait sur l'autel en direction du ciel pour demander aux dieux de bonnes récoltes. En ces temps là, la prospérité de la Chine était basée sur l'agriculture.
D'une certaine manière, en effectuant des sacrifices annuels au temple du ciel, l'empereur renforçait la légitimité de son pouvoir. L'empereur était censé régner sur “tout ce qui était en-dessous du ciel” (tiān xià) ainsi que sur les gouverneurs des endroits qui n'étaient pas sous son contrôle direct mais dont l'autorité découlait directement de lui.
Trois structures principales
L'autel du ciel est situé dans le fond de la partie sud du complexe. Il est composé d'une plate-forme à trois niveaux qui s'élève à cinq mètres au-dessus d'une cour carrée. L'autel originel à été bâti en 1530, puis reconstruit en marbre blanc en 1740. L'autel était utilisé comme lieu de culte durant le solstice d'hiver.
Le nombre de pierres qui composent chaque niveau est toujours un multiple de trois ou de neuf. Dans la numérologie chinoise, le chiffre neuf, qui est le plus grand chiffre à un caractère, symbolise l'empereur.
Le mur de l'écho et la voûte céleste impériale sont situés au centre de l'axe nord-sud. Le mur de l'écho culmine à 3,7 mètres de hauteur et représente une circonférence de 193 mètres. Il a été nommé ainsi car un chuchotement susurré d'un côté du mur peut clairement être entendu de l'autre.
La voûte céleste impériale est un édifice arrondi qui se dresse au milieu de l'endroit. Son toit ressemble à celui de la salle des prières, en plus petit. Dans le passé elle était le reposoir des plaques commémoratives des ancêtres des empereurs.
La salle des prières est également une structure à trois niveaux. La plate-forme qui y repose est aussi une structure à trois niveaux, haute de six mètres. La salle fût initialement construite en 1420, elle fût détruite par un incendie en 1889, puis aussitôt reconstruite.
Une des originalités de la salle des prières réside dans le fait qu'absolument aucun clou n'a été utilisé pour sa construction.
La salle atteint 32 mètres de haut depuis sa base. À l'intérieur, on trouve 28 piliers, tous constitués d'un tronc d'arbre. Quatre affiches disposées autour du cercle central symbolisent les quatre saisons, douze autres affiches symbolisent les douze mois de l'année, alors que douze autres affiches symbolisent les douze ShiChen. Dans la Chine antique, un ShiChen, représentait l'équivalent de deux heures, ainsi les douze affiches symbolisent une journée.
Un escalier de 360 marches, appelé le pont des marches rouges, mène à la salle des prières. L'escalier monte de manière régulière, marquant ainsi le passage de la terre au ciel. À son point de départ, le pont fait un mètre de hauteur et à sa fin, quatre mètres de hauteur.
Le pont fait presque 30 mètres de large. Il existe trois couloirs différents. Le couloir du milieu était réservé aux dieux. L'empereur utilisait celui de gauche, alors que celui de droite était réservé à l'impératrice et aux autres membres de la cour royale.
Il eût été certainement très intéressant de voir ce spectacle de la visite bi-annuelle de l'empereur. L'empereur, accompagné de centaines d'eunuques et de membres de la cour royale, quittait la cité interdite pour se rendre au temple du ciel. Les gens “normaux” n'avaient pas accès à cette procession.
Maintenant ouvert au public
Le temple du ciel qui était originellement résérvé à la cour impériale, est maintenant ouvert au public. Il a été transformé en parc que peuvent visiter les touristes et les locaux. Au petit jour on peut observer des gens s'adonner au Taiji. Durant la journée, le parc entier, qui est deux fois plus grand que la cite interdite, est rempli de gens qui jouent avec des cerf-volants et d'amuseurs publics.
Si vous souhaitez visiter le temple du ciel, prévoyez au minimum une heure et demie. Quelques agences de voyages pékinoises proposent une visite guidée.
Horaires d'ouverture: 06h00 à 20h00
Prix d'entrée: 30 yuans (du 1er novembre au 31 mars); 35 yuans (du 1er avril au 31 octobre)
Téléphone: 86-10-67036062



