Le guide de la survie en Chine: Taxi, taxi!!

Le guide de la survie en Chine: Taxi, taxi!!

Une queue de taxis à Pékin
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À Pékin, les chauffeurs de taxis parlent inlassablement du temps qu’il fait, principalement à leurs clients étrangers. Les rues de la ville sont remplies de centaines de milliers de taxis et leurs tarifs sont si bon marché, qu’on en prend souvent un même sans en avoir réellement besoin.

Une autre raison de leur extrême popularité est le fait qu’en en trouve à chaque coin de rue, à part quand il pleut, bien entendu. “Mon chauffeur était vraiment fou ce matin” ou “J’en ai eu un très bon ce matin, il parlait même quelques mots d’anglais,” sont souvent les premiers mots lancés aux collègues en arrivant au bureau. Et naturellement, il existe autant de chauffeurs que de taxis, certains vous laissent un souvenir impérissable, que ce soit un bon ou un mauvais.

Je dois dire que les chauffeurs de taxi pékinois sont généralement des gens honnêtes. Les compteurs sont pour la plupart automatiques et le client qui s’assoupit un peu sur la banquette arrière arrive à destination sain et sauf. J’ai même le souvenir d’un chauffeur particulièrement honnête qui a fait des pieds et des mains pour restituer son téléphone portable à mon mari, qui l’avait oublié dans la voiture, et qui a refusé de l’argent en guise de récompense. Ce cas n’est d’ailleurs pas unique! Malheureusement, une caractéristique semble, en revanche, commune à tous les taxis pékinois, un mélange puissant d’odeurs corporelles et d’ail avec une pincée d’après-rasage. Les chauffeurs sont également censés ne pas fumer dans leur véhicule mais cette règle est rarement appliquée. Lorsque ce mélange d’odeurs ne vous dérange plus, vous savez que vous êtes à Pékin depuis trop longtemps!

Perdue dans Pékin

En dépit des nombreuses campagnes qui ont tenté d’apprendre l’anglais aux chauffeurs, les taxis pékinois sont toujours renommés pour leur manque de connaissances en langues étrangères. Durant mes séjours en Chine, j’ai vu en de maintes occasions des étrangers un peu frustrés et des chauffeurs de taxis chinois opposés dans de véritables joutes verbales, chacun dans leur propre langue. J’en suis arrivée à la conclusion que le fait de crier en pensant que l'autre comprend mieux ainsi est bien une conception universelle. Ne vous attendez pas à ce que des instructions en anglais vous conduisent à bon port. C'est la raison pour laquelle il est toujours utile d'avoir sur soi une liste de destinations en Chinois. Dans certains cas, cette précaution pourrait même s'avérer inutile tant Pékin est une ville immense dans laquelle les natifs peuvent également connaître quelques troubles d'orientation. Les chauffeurs de taxi peuvent aussi se perdre. Une fois, par exemple, mon chauffeur n'a pas été en mesure de trouver Chaoyang, le plus grand parc de la ville. La ville de Pékin est de toute manière suffisamment grande pour que le voyageur étranger puisse profiter du “trajet panoramique”jusqu'à sa destination.

Un conducteur d'enfer

Même les chauffeurs de taxi peuvent avoir des problèmes pour trouver une adresse à Pékin
Même les chauffeurs de taxi peuvent avoir des problèmes pour trouver une adresse à Pékin (Source: Radio86)

Je pourrai vous conter de nombreuses histoires à propos des chauffeurs de taxi de la capitale chinoise, des histoires folles, amicales, dures voire bizarres. Deux cas vécus à Pékin viennent toutefois occuper le devant de la scène. Le premier, je le nommerai un chauffeur d'enfer. C'était à l'époque où la ville regorgeait encore de ces petits taxis rouges qu'on appelait Xialis. Un jour, lors de mon premier voyage en Chine, j'ai pris un des ces xialis pour me rendre de chez moi à mon lieu de travail. Très vite, il s'est avéré que le conducteur était le diable en personne. Le conducteur diabolique poussait le champignon à fond, ne laissant aucun embouteillage entraver sa route, accélérant à la vue de passages cloutés, dans les virages et escaladant les îlots directionnels. Les gens sautaient sur le côté, remplis d'effroi, en voyant arriver le véhicule fou. Quant à moi, je m'agrippais à la banquette en priant pour garder la vie sauve. Je me mis à crier sur le chauffeur en lui ordonnant de ralentir et lui dit que je n'avais aucun souhait de voir ma vie s'interrompre. Ce à quoi il répondit de manière sarcastique “Et votre grandeur, elle sait conduire une voiture?” Avant que j'ai eu le temps de répliquer, le chauffeur s'est exclamé “Moi, je sais.” Il partit dans un grand éclat de rire et accéléra de plus belle. Inutile de vous dire que j'étais heureuse d'arriver à destination en un seul morceau. Quelques jours plus tard, je commets l'erreur de monter à nouveau dans un de ces xialis et qui ai-je trouvé au volant, je vous le donne en mille? Mon chauffeur d'enfer! Il me regarda avec un sourire et me dit: “Je vous reconnais, vous. Vous êtes la femme qui ne voulait pas mourir!”. Trop tard pour m'échapper et j'ai encore eu droit à un tour de montagnes russes agrémenté de son rire morbide.

Course en taxi et diseur de bonne aventure

Il n'est pas toujours facile de trouver son chemin à Pékin
Il n'est pas toujours facile de trouver son chemin à Pékin (Source: Radio86)

L'une de mes plus remarquables expériences avec les taxis pékinois remonte à plusieurs années. À proximité de l'immeuble dans lequel j'habitais, se trouvait une intersection avec des feux de la circulation, ces feux pouvaient mettre jusqu'à 10 minutes avant de passer au vert. À l'arrière du taxi, je commençais à deviser avec le chauffeur, au demeurant fort sympathique. Soudainement il me demande s'il peut lire dans la paume de ma main. Je me suis dit, pourquoi pas? Il commence donc à examiner ma main et me parle de mon futur. Selon ses prévisions, je deviendrai heureuse et pleine de succès (c'est tout du moins la façon dont j'ai voulu l'interpréter). Malheureusement je n'ai pas compris l'intégralité de ses explications en raison de ma connaissance insuffisante de la langue chinoise. Il voulait également examiner la forme de mon crâne, qui était imposant selon ses dires, et qui lui permettrait d'obtenir des indications sur mon futur. Quand je suis finalement arrivée à destination et que je m'apprêtais à sortir du véhicule, le chauffeur me prît par la main et me dit qu'il avait été très heureux de me rencontrer. De plus, je n'ai pas payé un yuan en supplément pour me faire dire la bonne aventure!

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