Le guide de la survie en Chine, partie 3: Une affaire de toilettes
Tout le monde a certainement entendu parler des histoires légendaires concernant les toilettes chinoises. La réalité dépassant parfois la fiction, ce guide de la survie nous donne de précieux conseils.
Les toilettes chinoises sont bien différentes des endroits carrelés et reluisants de propreté auxquels nous sommes habitués. Bien que nous puissions communément avoir à l’esprit cette image d’Épinal que dans de nombreux pays, les toilettes constituent les endroits les plus propres et les cuisines les plus sales, en Chine ce serait plutôt exactement le contraire.
La plupart des toilettes chinoises ne consistent qu’en un simple trou dans le sol, au-dessus duquel vous êtes censés vous accroupir en réfléchissant aux aspects métaphysiques de la vie. Alors que cette position requiert un peu de souplesse et d’équilibre, vous réalisez alors que c’est finalement la solution la plus naturelle à vos “besoins”. Aussi incongru que cela puisse paraître, ce trou dans le sol représente également la solution la plus hygiénique, partant du principe que les autochtones négligent souvent de se laver les mains, voire de se laver tout court, vous êtes certains que votre postérieur n’entre en contact avec rien du tout. Pour ces dames, cela relève du véritable challenge lorsque les toilettes débordent et que vous devez tenir éloignées de ce “fleuve jaune” vos sandales et votre jupe.
Il existe bien entendu des toilettes “à l’occidental” dans les grandes villes, mais nous ne saurions que trop vous conseiller d’utiliser ces authentiques toilettes à la mode chinoise. Dans le version occidentale de ces toilettes, il n’est pas rare d’observer des empreintes de pied sur la lunette, indiquant clairement que la position préférée reste l’accroupissement au-dessus de la cuvette.
Les toilettes les plus pittoresques sont celles des banlieues et des zones rurales. Vous n’y trouverez aucune forme d’intimité, et vos “attributs” feront l’objet d’une curiosité certaine au plus grand amusement des locaux. Il semblerait que la fameuse modestie chinoise qui consiste à ne pas se moquer des étrangers s’arrête à “la porte” des toilettes.
Que vous vous trouviez dans des toilettes luxueuses ou dans un égout d’arrière-cour, n’oubliez pas de vous munir de papier car vous n’en trouverez jamais sur les lieux. En fait munissez-en vous dès le décollage de votre avion. Un rouleau de papier toilette vous sera utile dans bien des cas. Une bouteille de désinfectant, dans vos bagages, ne serait pas non plus superflue.
Pour compléter cette panoplie du parfait voyageur, vous pourriez également joindre à votre paquetage quelques médicaments contre la constipation et la diarrhée. Bien que la nourriture chinoise soit généralement de la première fraîcheur, on ne sait jamais comment réagit notre organisme à l’effet conjugué des épices et des bactéries. Vous trouverez également dans les pharmacies chinoises toute une série de remèdes naturels. Nous vous recommandons aussi la prise d’antibiotiques quelques semaines avant votre départ et de ne boire sur place que de l’eau minérale en bouteille. Un vieux “truc de routard” consiste à prendre une gorgée de liqueur ou d’alcool fort avant de manger, votre estomac sera ainsi préparé à l’absorption de germes.
Enfin, une autre petite astuce pour la réussite de votre voyage, vous ne trouvez généralement pas de toilettes quand le besoin pressant s’en fait sentir, vous devez donc “assumer” l’attente de vous rendre dans le premier endroit que vous rencontrerez. Les touristes qui visitent la Chine sont souvent obligés d’attendre dans des endroits où ils n’avaient pas prévu de rester, un des charmes de l’Empire du milieu. Dans les grandes villes, congestionnées par le trafic routier, il peut vous prendre des heures pour vous rendre à destination, même pour des trajets très courts. Rien d’autre à faire, dès lors, que de croiser les jambes et de prendre son mal en patience.
Dernière chose, et non des moindres, la question primordiale:“Cèsuo zài nar?”. “Où sont les toilettes?”

