La ville souterraine de Pékin – Visite du musée

La ville souterraine de Pékin – Visite du musée

Difficile de trouver l'entrée de la ville souterraine.
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Tout est fait à Pékin pour que le touriste ait l’impression de marcher dans les pas du président Mao. Si vous souhaitez exacerber ce sentiment avec un peu de propagande politique, l’endroit idéal est la cité souterraine qui est, en fait, un vaste musée.

Ce réseau souterrain de galeries est également surnommé “la grande muraille souterraine”. La célèbre muraille et la cité souterraine on, en effet, en commun d’avoir été conçues à des fins de défense. Le musée de la cité souterraine a ouvert officiellement ses portes en 2000, mais reste relativement peu connu de la population locale. Le préposé à la vente des tickets nous indique que le musée est visité par plusieurs centaines de touristes chaque jour, dont la grande majorité vient de l’étranger.

Les visiteurs sont toujours accompagnés par un guide qui les oriente dans ces galeries qui serpentent. Nous sommes accompagnés, mon interprète Sarah et moi-même, par Lance qui travaille comme guide depuis un mois. Ce dernier ne répondra qu’aux questions auxquelles il a été préparé. Toute autre requête n’obtiendra pour réponse qu’un silence de mort.

Un abri antiaérien

Mao a fait construire le ville souterraine entre 1965 et 1975
Mao a fait construire le ville souterraine entre 1965 et 1975 (Source: China.org)

Aucune information sur la taille de la cité souterraine n’est disponible. Il semble certain cependant que cet enchevêtrement de tunnels dépasse les trente kilomètres. Une toute petite portion du réseau est ouverte au public. Le complexe a été bâti entre 1965 et 1975, au moment où les relations entre la Chine et l’URSS étaient les plus tendues et que Mao envisageait de faire face à un conflit nucléaire. En cas d’urgence, la cité souterraine pouvait accueillir 300 000 personnes à la fois, soit environ quarante pour-cent de la population de la capitale chinoise.

Lance, vêtu d’un treillis militaire, nous laisse contempler les lieux. La visite complète prend environ quinze à vingt minutes. Les murs sont ornés de filets militaires de camouflage, de masques à gaz et autres objets à vocation militaire. De temps à autre on aperçoit des tuyaux de ventilation qui courent le long des murs et comme le veut la tradition chinoise, ils sont couverts de guirlandes de Noël ! Lance nous assure de l’ingéniosité du système de ventilation et nous désigne du doigt un petit trou dans le plafond. Lorsque j’ai regardé dans ce trou, j’ai pu deviner un coin de ciel bleu. Sans aucun doute la meilleure protection en cas de guerre nucléaire…

Il n'y a qu'à suivre le tapis rouge!
Il n'y a qu'à suivre le tapis rouge! (Source: China.org)

Malheureusement il n’est pas autorisé de prendre des photos dans le musée, le lieu est toujours une installation militaire. C’est bien dommage du reste, les murs sont couverts de délicieux posters de propagande tout aussi intéressants les uns que les autres. La plupart des couleurs sont passées avec le temps et les affiches sont toutes couvertes d’une fine pellicule de moisissure… La décoration a pour thème l’armée avec des tanks et des missiles, sans oublier les inévitables portraits de Mao et de Karl Marx…

Un peu de shopping

Plusieurs pièces ont été reconstruites pour les besoins des touristes afin de leur donner une idée de la fonctionnalité des lieux. Dans ces espaces ont été aménagés un hôpital militaire, un entrepôt de munitions, des salons pour la classe aisée et une salle de lecture pour les jeunes.

De manière assez inattendue, notre visite prend fin dans un magasin de soie. Nul doute que les guides prennent leur écot au passage, pour chaque article vendu. Lance nous a aimablement aidé dans notre choix de foulards et de cravates tout en nous faisant remarquer que cet endroit avait été désigné initialement comme une salle de conférences.

Notre visite s'achève dans un magasin de soie
Notre visite s'achève dans un magasin de soie (Source: China.org)

Il est difficile de conseiller véritablement cette visite car il y a si peu à voir, néanmoins les 20 yuans, 2 euros, du prix d'entrée ne vous ruineront pas. En voyant les choses positivement c'est même un excellent moyen d'échapper à la fournaise extérieure.

En définitive, trouver l'endroit est une plus grande aventure que la visite de la cité interdite elle-même. L'entrée est située dans le quartier de Beixiangfang hutong. Les chauffeurs de taxi sont réticents à vous y emmener, peut-être car ils ne connaissent pas l'endroit exact ou bien parce qu'il est difficile de s'y garer. Nous avons décidé, pour notre part, de nous y rendre en rickshaw. Nous recommandons fortement, en revanche, ce mode de déplacement à tous les touristes un peu aventuriers. Il vous en coûtera légèrement plus cher qu'un taxi conventionnel (40 yuans – 4 euros) mais l'expérience les vaut bien.

Le musée est ouvert tous les jours: 8.30 - 17.00
Adresse: Beijing Underground City, 62 West Damochang Jie, Qianmen