Ballade à China Town New York
Voilà déjà trois jours que je suis à New York. Aujourd’hui, je décide d’aller dans le sud-est de Manhattan. Je prends le métro Q et je descends à Canal Street. Longeant la rue au niveau de Mulberry street, je suis à la frontière entre Little Italy et China Town, à la frontière de deux mondes différents qu’un seul carrefour sépare.
Après un petit parcours dans Little Italy du fait que tout, ou presque, est encore fermé, je décide de me lancer dans China Town. Je n’ai jamais vraiment visité un “China Town”, excepté quelques passages dans le 13e arrondissement à Paris, et après trois jours au milieu des gratte-ciels, je me demande à quoi ce quartier présenté comme l’un des plus cosmopolites ressemble.
Avec mon Guide du Routard, partant du carrefour avec Mulberry Street j’entreprends de continuer Canal Street vers l’est. Coté nord de la rue, de nombreuses bijouterie s’alignent les unes après les autres. Sur le trottoir, touristes et population “locale” d’origine asiatique se croisent. Sur les vitrines des magasins, je suis surpris de voir les enseignes écrites en caractères chinois et en pinyin, même pour les sociétés américaines.
À l’angle de Manhattan Bridge et de Canal Street, mon attention est attirée par un grand immeuble abritant un Temple bouddhiste. Selon le Guide du Routard, il possède une grande statue dorée de 5 mètres de haut d’un bouddha. Je décide d’y rentrer. À l’intérieur de nombreux asiatiques passent des portes en verre qui mènent dans une grande salle où je devine le Bouddha au fond. Étant le seul occidental dans le lieu, je me rends compte que moi et mon appareil photo ne sommes pas les bienvenus… Je ressors.
Je descends toujours le long de Canal Street vers un quartier où les immeubles semblent tous plus insalubres les uns que les autres. Marrant, la caserne de pompier est justement dans le coin. Elle aussi est une version sinisée, avec le nom “Dragon Fighters” apposé sur la porte...Cette partie de Canal Street pour le moment un peu déserte et bien que les enseignes soient en chinois, il n’est pas possible d’oublier que c’est New York.
Arrivé au coin de Canal Street et de East Broadway, je me dirige vers l’ouest. La large rue semble être plus animée. Sur un coin à gauche j’aperçois un supermarché. Juste après le scandale du lait frelaté et de la sécurité alimentaire des aliments chinois je suis curieux de voir les types de produits qui sont sur les échoppes.
Rien de très différents de tous les magasins asiatiques que l’on peut avoir en Europe. Une multitude de sachets et cartons avec des écritures en chinois et dont il est difficile de définir le contenu, une forte odeur qu’on aime ou n’aime pas, et un large rayon poisson.
Continuant mon chemin sur East Broadway, le trottoir est de plus en plus comble. En regardant devant moi, je ne suis plus à New York. Étalages au grand air, étales présentants des poissons séchés, crustacés ou crevettes, des foules d’asiatiques croisant mon chemin, même la langue anglaise a disparu de la rue. Malgré toutes les échoppes je n’ai aucune envie d’acheter. Voir ces échoppes des poissons sur des cartons avec l’inscription “ Store in cool dry place” (entreposer dans un endroit frais et sec) alors qu’il fait 22 degrés me laisse quelque peu dubitatif…
Je lève les yeux… derrière les immeubles assez bas de China Town, les gratte-ciels de Wall Street me rappellent que je suis bel et bien à New York et non à Pékin ou Shanghai. Je me retourne et vois cette rue asiatique animée passant sous un pont sur lequel le métro new-yorkais circule bruyamment.

J’arrive à un grand carrefour avec Bowery. Après un (trop) rapide coup d’œil sur le plan, je pense d’abord être sur la place Confucius, où doit se trouver une statue du grand philosophe chinois. Je vois en effet une statue devant moi. Pour avoir vu plusieurs statues du père du confucianisme, je trouve que ce Confucius new-yorkais a une drôle de tête et que la représentation n’est pas très conventionnelle. Je me rapproche... Et je constate que mon intuition est bonne. Ce n’est pas Confucius. Un autre maître à penser? Non plus! Il s’agit d’un certain Lin Ze Xu, un “pionnier dans la guerre contre la drogue”… voilà qui me fait une belle jambe… À côté de cet ancêtre de la DEA (Drug Enforcement Administration) un monument célèbre les Américains d’origines chinoises tombés pour la “défense de la liberté et la démocratie”. Cela ne répond toujours pas à ma question : où est la statue de Confucius? Je regarde mon plan… Je suis trop au sud. Je remonte Bowery vers le nord. Après une bonne cinquantaine de mètres, sur une mini place, le voilà! Les mains jointes, une longue toge, les cheveux longs attachés, ses sandales prenant appui sur un socle de marbre vert, Confucius se dresse devant moi. Sur le marbre figurent quelques extraits de ses pensées...
Après cette balade qui m’a tout de même pris presque trois heures, je ressens le besoin de faire la pause déjeuner. Ca tombe bien, d’après le Routard China Town est le coin où on peut manger bien et pour pas cher… Je pénètre dans Bayard Street, une petite ruelle pleine d’enseignes en caractères chinois. Les menus semblent corrects et à prix variables ; du pas cher au plus onéreux. Je continue et je prends à droite dans Baxter Street. Je décide de me restaurer au Nha Trang One, un sino-vietnamien conseillé par le Routard, un mauvais choix…
Après cette matinée chinoise, il est temps de retourner visiter la “Big Apple”, direction Madison Square pour faire un peu de shopping...




