Pourquoi la Chine n'est pas contente

Pourquoi la Chine n'est pas contente

Yao Ming acclamé lors de son entrée dans le stade
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Malgré les JO, les réussites économiques et les exploits spatiaux, la Chine n'est pas contente. C'est en tout cas ce qu'affirment les auteurs d'un nouveau livre paru ce mois-ci en Chine. Treize ans après le best-seller nationaliste "China can say no", "China is unhappy" énumère une liste de griefs contre le monde occidental.

En 1996, le livre "La Chine peut dire non" qui appelait au réveil nationaliste et s'en prenait aux Etats-Unis est devenu un véritable best-seller. Un des ses auteurs Song Qiang, vient de signer avec quatre autres acolytes, un nouvel ouvrage "China is unhappy" et surfe à nouveau sur la vague nationaliste.

"Zhongguo bu gaoxing", La Chine n'est pas contente
"Zhongguo bu gaoxing", La Chine n'est pas contente

Le livre est composé de trois chapitres: "Pourquoi la Chine n'est pas contente?", "le plaidoyer chinois"  et "Laisser partir le petit bouddha et construire le grand plan" (le petit bouddha signifiant la gentillesse du coeur selon le site globalvoices online). Dans le premier chapitre, les auteurs cherchent à montrer qu'à travers leur attitude, les puissance étrangères ont perpétué leur dédain pour l'Empire du Milieu. Song Qian préconise même de réduire l'importance des relations franco-chinoises à cause de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalai-lama.

Si les auteurs de "China is unhappy" s'en prennent au monde occidental, ils soulignent que la Chine souffre également de la faiblesse du système politique et que la démocratie doit être l'objectif ultime du projet national chinois. Mais selon Austin Ramzy, journaliste pour le magazine Time, lorsque l'on aborde la question de la démocratie, Song Qian et Wang Xiadong ont une vision assez proche de celle du gouvernement chinois qui dit vouloir une démocratie aux caractéristiques chinoises. Selon Wang, cité par Time, le discours des autorités chinoises sonnent "creux" comme celui des hommes politiques occidentaux, que Pékin ne sait pas gérer son influence grandissante à l'étranger et que l'obession pour les JO n'est que le reflet "de la psychologie d'une nation faible". Selon les auteurs, le nationalisme est une arme à double tranchant qui peut certes être utilisée pour souder le peuple chinois autour d'une cause comme l'opposition à l'indépendance du Tibet mais qui peut aussi se retourner contre les autorités chinoises si elles sont percues comme incapables de défendre les intérêts chinois.

Finalement, selon le journaliste de Time, ce n'est pas la Chine qui est mécontente mais bien plutôt les auteurs du livre, préoccupés essentiellement par les problèmes internes à la Chine. "Pour être franc, le titre China is unhappy a été choisi par notre éditeur parce que c'est un titre vendeur" explique Wang cité par le magazine Time. Nous aurions pu appeler ce livre "Les objectifs de la Chine pour les 30 prochaines années", mais qui aurait eu envie de lire ça?"