Pour trafic de drogue, personne n'est à l'abri de la mort en Chine
Il y a plus d'une semaine, un tribunal intermédiaire de Canton a décidé de condamné à mort un ressortissant français. Son tort ? Avoir pris part à un trafic de drogue sur le sol chinois. Pour un tel cas de figure, la France n'a aucune possibilité diplomatique d'éviter l'application de la peine capitale.
Chan Thao Poumy, français d'origine laotienne de 47 ans, n'a visiblement plus aucune chance d'éviter l'application de la sentence capitale. Impliqué dans un vaste trafic de méthamphétamine, l'individu a été condamné par un tribunal de Canton, et on voit mal la cour suprême chinoise désapprouver la sanction initiale.
Car si les condamnations de ressortissants étrangers, qui plus est occidentaux, sont rares en Chine, elles sont tout sauf surprenantes quand elles touchent à des affaires de drogue. En avril, ce sont quatre Japonais qui avaient été exécutés, et fin 2009, c'est un ressortissant britannique qui avait subi le même sort malgré les protestations officielles de Londres.
Comme d'autres pays tels Singapour ou l'Indonésie, la Chine n'exclut pas les étrangers de l'application de la peine capitale, et se montre particulièrement intransigeante en matière de lutte contre la drogue.
Il s'agit pour Pékin d'une priorité, probablement parce que le pays se trouve dans une région charnière du trafic et ne souhaite pas voir sa population devenir un énorme marché pour les trafiquants.
D'où une tolérance zéro de la part des autorités chinoises, ainsi qu'une volonté de faire des exemples, y compris avec des étrangers lorsque leur culpabilité est avérée. Selon certains observateurs, le traumatisme historique des guerres de l'Opium a une certaine influence sur la situation actuelle.
Dans les faits, cela se traduit par des condamnations à mort presque automatique dans les affaires liées à la drogue, et un taux d'application des peines proche des 100%. Même de faibles possessions peuvent déboucher sur la peine capitale, ce qui signifie que se rendre ou se déplacer en Chine en possession de stupéfiants -y compris des drogues douces- relève de l'inconscience voire du suicide...
La sévérité maximum de la justice chinoise est particulièrement bien perçue par l'opinion publique, qui considère la lutte anti-drogue comme légitime. Si un débat sur la peine de mort existe et s'ouvre progressivement, il ne concerne pas les affaires de drogue.
Ce qui peut expliquer en partie que pour les pays dont un ressortissant est condamné, les recours diplomatiques soient vains : la Chine souhaite être ferme sur le sujet, et a le soutien de son peuple...
N'oubliez pas de réécouter le podcast de l'émission Chine Hebdo en haut à droite de cet article

