Oskar Helling: Sa contribution à la reconstruction dans un Sichuan dévasté par le tremblement de terre

Oskar Helling: Sa contribution à la reconstruction dans un Sichuan dévasté par le tremblement de terre

Oskar Helling dirige un projet de construction d'une école dans le Sichuan
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En plein après-midi, le lundi 12 mai 2008, la terre se met à trembler dans la région montagneuse du Sichuan au sud-ouest de la Chine. Le séisme de magnitude 8 sur l'échelle de Richter, a dévasté la région, des secousses se faisant même sentir dans les villes côtières situées à 2.000 kilomètres de l'épicentre. Environ 100.000 personnes ont perdu la vie et des millions d'individus se sont retrouvés sans abri dans cette tragédie.

Peu à peu, le bilan s'alourdit au fur et à mesure des reportages effectués par les médias, on parle de centaines d'écoles anéanties alors que la journée scolaire battait son plein. Le plus choquant dans l'histoire est que de nombreux bâtiments situés à proximité de ces écoles qui se sont effondrées comme des châteaux de cartes, sont restés debout et parfaitement intactes. Le temps nous a montré que les entreprises qui ont construit ces écoles ont réduit les coûts en négligeant toutes les installations de sécurité. Le séisme les a littéralement balayé comme des fétus de paille.

La conscience collective

Le tremblement de terre a également secoué la conscience des milieux d'affaires finlandais qui ont décidé de se joindre au plus grand mouvement de solidarité jamais entrepris par la Finlande au bénéfice de la Chine. Un groupe d'entreprises finlandaises a ainsi mis en œuvre la construction d'une école dans le village de Guiyuan, dans la province du Wenchuan, une des régions les plus touchées par le tremblement de terre.
Oskar Helling, qui est basé à Shanghai, s'est vu confié le rôle de coordinateur du projet, notamment en raison de son vaste réseau de connaissances en Chine. En congés de paternité à ce moment là, il est particulièrement affecté par la souffrance qui réside dans la zone du séisme. Ce programme ambitieux consiste à construire une école primaire de six classes et de six salles polyvalentes, capable d'accueillir au moins 250 élèves. La construction vient de débuter avec le concours des autorités chinoises. Comment tout cela a-t-il commencé?

L'initiateur du projet est Markku Hyvärinen, qui travaillait alors pour la société Pöyry. Il nous a envoyé une lettre pour nous demander si nous étions intéressés par ce genre de projet. L'objectif ultime étant, bien entendu, d'aider les enfants du Sichuan. Un nombre incalculable d'écoles avaient été détruites par le tremblement de terre et nous avons commencé à nous demander ce que nous pourrions faire une fois les opérations de secours terminées. L'idée de construire une école nous est rapidement venue à l'esprit. Une de nos autres motivations était le désir de rectifier la perception négative des chinois envers les sociétés étrangères supposées être en Chine pour l'unique raison de réaliser des profits rapides. Pour ceux d'entre nous qui vivaient en Chine depuis un moment, c'était le moment de prouver que, nous aussi, nous voulions être partie intégrante de la société chinoise et contribuer à son développement.”

Un grand nombre d'entreprises finlandaises a saisi l'opportunité de participer à ce projet. La plupart des grandes entreprises connues ont soit donné de l'argent soit du matériel.

Pour les entreprises les plus grosses, une participation à ce genre de projet est importante car elles sont déjà impliquées dans une forme de responsabilité sociale et elles ont débloqué des fonds exceptionnels pour notre cause. Les sociétés plus petites ont davantage vu cela comme une dépense et n'ont pas toujours les moyens de débloquer des sommes pour faire du social. En fin de compte, nous avons réussi à attirer un grand nombre d'entreprises finlandaises et plus particulièrement celles issues de l'industrie papetière. Parmi elles, nous comptons la participation de StoraEnso, UPM et Kemira. Pour en nommer quelques autres issues d'autres domaines d'activité, nous avons également compté à nos côtés Finnair et Nokia.

"Le budget total de notre projet s'élève à 4.2 millions de yuans, soit 462,000 euros, ce qui en Finlande ne représenterait que la construction de deux maisons pour des familles moyennes. Mais au Sichuan, la somme est suffisante pour bâtir une école. Environ 30% de cette aide nous est parvenue sous forme de matériaux de construction ou de main d'œuvre.”

Chaque entreprise a contribué à notre effort à hauteur de ses moyens. Les petites entreprises ont peut-être donné 1.000 euros chacune alors que les grandes ont donné jusqu'à 50.000 euros. En terme de matériaux de construction, je dois dire que le plus grand donateur a été Pöyry, qui nous a assigné un architecte et un ingénieur de construction. Ils sont les maîtres d'œuvre du projet, ce qui signifie tout de même que la contribution est importante. Je dois encore mentionner un de nos partenaires, Lappset Ltd, qui a promis de construire une aire de jeux équipée dans cette école. Nous sommes heureux d'avoir décidé de bâtir cette école.

Une aide gouvernementale

L'ambassade de Finlande à Pékin a également fourni son aide dès le début du projet. Le ministère finlandais des affaires étrangères s'est assuré que 90% des fonds soient levés! Des professionnels finlandais du bâtiment supervisent le travail de A à Z, ce qui est particulièrement important dans la mesure où l'industrie du bâtiment en Chine est souvent teintée de corruption.

Dans le cas du Sichuan, de nombreux fonds et matériels destinés à la reconstruction ont été détournés. Pour cette raison, nous voulons que nos représentants soient sur place et s'assurent eux-même de la qualité du travail et de l'arrivée des ressources. Pöyry, par exemple, a un ingénieur permanent sur le site.

La première pierre a été posée à l'occasion d'une cérémonie symbolique, au début mai, et la construction a déjà commencé. Si tout va bien, l'école sera achevée pour l'automne prochain.

Nous avons prévu que l'école soit ouverte pour l'année scolaire 2009-2010. À l'heure actuelle les enfants ont cours dans des caravanes, certaines ne possèdent ni électricité, ni chauffage ou climatisation.

Pour tous les participants, l'été promet d'être chargé. La direction du projet a également commencé à travailler avec l'équipe finlandaise de l'expo 2010. Le 22 avril dernier, une cérémonie a marqué le début simultané de la construction de l'école de Guiyuan et du pavillon finlandais à l'expo. L'événement s'est déroulé à Shanghai en présence du ministre finlandais de l'économie, Mauri Pekkarinen.

Coopération sino-finlandaise

Des enfants attendent toujours une école et suivent les cours dans des barraques de fortune
Des enfants attendent toujours une école et suivent les cours dans des barraques de fortune (Source: CNS)

Un projet de cette envergure en Chine n'est pas chose aisée tant les étrangers se noient parfois dans la bureaucratie locale. La collaboration entre un groupe de professionnels avertis et des Chinois a rendu la chose possible et concrétisé cette idée.

Au tout début, nous nous sommes demandés comment ce conglomérat d'entreprises finlandaises pourrait mener à bien ce genre de projet dans la mesure où l'organisation ne possédait aucune légitimité, d'autant plus qu'en Chine ce style de coopération rencontre habituellement beaucoup d'obstacles. Finalement nous avons décidé de favoriser un rapprochement avec une organisation charitable chinoise appelée China Children and Teenagers' Fund. Ils nous ont aidé dans la création de notre structure, nous avions, par exemple, besoin de comptes en banques, de comptables et de contacts de tous ordres avec les autorités locales. Nous coordonnons le projet en passant par l'intermédiaire de cette organisation chinoise.”

Les entreprises finlandaises utilisent cette association comme organe administratif et s'assurent que les ressources arrivent correctement à destination. Pöyry supervise sur place la construction de l'école. Vu l'ampleur de la zone touchée par le séisme, n'a-t-il pas été difficile de choisir l'emplacement de cette école?

Nous ne prétendons pas être des spécialistes du Sichuan, nous nous sommes donc tournés vers notre association chinoise. Ils ont une connaissance bien plus importante que la nôtre des besoins et des endroits où se font sentir ces besoins. Ils nous ont fait un véritable inventaire et notre choix s'est porté sur ce village qui avait besoin d'une école et qui était relativement facile d'accès.”

Helling dit que la seule condition imposée par les autorités chinoises concernait la capacité de l'école qui devait être d'au moins 250 élèves. La qualité du sol a présenté un des plus gros challenges techniques pour des Finlandais qui sont habitués à construire sur des sols durs en pierre.

Bien sûr que nous avons la capacité de construire une école solide. Les bâtiments sont conçus pour résister à des secousses de magnitude 8 sur l'échelle de Richter. Ce sont des critères très exigeants mais tout cela est extrêmement positif.”

Pas de temps à perdre

Avec 90% du budget déjà en compte et la construction commencée, Helling affirme qu'il n'est temps pour personne de se reposer sur ses lauriers. Les 10% restants du budget doivent encore être levés afin que l'école puisse être terminée normalement.

Jusqu'à maintenant nous nous sommes concentrés sur la levée des fonds et avons contacté toutes les entreprises finlandaises implantées en Chine. Nous commençons peu à peu à démarcher les entreprises basées en Finlande ainsi que les particuliers. De nombreuses personnes m'ont demandé comment elles pouvaient participer à ce projet. Comme je le disais auparavant, tout n'est pas si simple car nous ne constituons pas une organisation officielle.”

Accepter des dons de particuliers est quelque chose que nous ne pouvons pas faire de manière légale, mais nous avons trouvé des arrangements. Ceux qui sont intéressés peuvent se rendre sur notre site internet pour plus de détails. Helling assure que la promotion de ce projet est toujours vitale pour lever les fonds restants à collecter. De nombreux Finlandais ont appris la nouvelle du séisme par des amis ou de la famille qui résident à Changdu. Les médias se sont chargés de faire comprendre aux gens que la reconstruction sera difficile et que les aides de toutes sortes sont les bienvenues.

Je suis moi-même devenu père de famille et c'est une cause proche de mon cœur. J'ai aussi pensé que si je ne le faisais pas maintenant, ce projet ne verrait jamais le jour. Ce fût une grande joie de voir des gens impliqués pour défendre une cause juste. Je suis certain que la première réaction des gens, face à une catastrophe comme celle-ci, est de se demander ce qu'ils peuvent faire, mais malheureusement, trop souvent, les bonnes intentions ne sont pas transformées en actions concrètes.”

Alors, pourquoi ne bâtiriez-vous pas une école en Chine?

Pour plus d'informations sur le projet de l'école Guiyuan, veuillez visiter le site : www.finnish-charity-school.org