Les villes chinoises au bord de l'implosion ?
D'ici 2015, la Chine comptera 1,4 milliards d'individus. Une majorité vivra dans les centres urbains, ce qui symbolise le virage à 180 degrés entrepris par le pays après le règne de Mao Zedong.
Le Grand Timonier avait bloqué en son temps l'afflux de population dans les villes, envoyant même les intellectuels se faire rééduquer dans les campagnes. L'évolution actuelle est une conséquence de l'ouverture chinoise et de ses progrès économiques car les villes sont les grands lieux d'interface entre la Chine et le reste du monde.
Néanmoins, ces changements rapides mettent la Chine face à des défis de taille pour éviter des déséquilibres et troubles sociaux dramatiques.
Pour pouvoir assimiler cette population urbaine croissante, la Chine va devoir s'efforcer de développer infrastructures et équipements dans ces grands centres urbains. Pékin pourrait même devoir, à terme, renoncer à la centralisation du pouvoir et donner -comme c'est le cas en Occident- plus d'autonomie aux dirigeants municipaux.
Car la gouvernance des villes, afin de pouvoir gérer la hausse démographique, devra appliquer une politique très réactive voire prospective.
Cette urbanisation rapide, qui est reconnue comme l'une des principales causes de troubles sociaux dans le pays, doit amener à des revendications sociales toujours plus fortes en termes de salaires, niveau de vie ou encore libertés personnelles.
La phase de croissance démographique actuelle devrait se prolonger jusqu'à 2035, date à partir de laquelle on prévoit une stagnation voire baisse de la population en conséquence de la politique de l'enfant unique. Là encore, des problématiques nouvelles apparaîtront.

