Le gaokao vu par Yang Yang et Chen Yong Chao, deux étudiants chinois à Pékin
Yang Yang et Chen Yong Chao, deux lycéens de Pékin de 19 ans, passaient cette semaine le Gaokao, l'examen national d'entrée à l'Université. C'est la deuxième fois qu'ils se présentent à l'examen, bien qu’ils aient beaucoup travaillé pendant leurs années de lycée. Ana Fuentes, journaliste à Pékin, les a encontrés rue Wangfujing, l’une des plus vivantes de la capitale, où ils étaient allés pour se détendre après ce qu’ils ont appelé “des mois de cauchemar”. Ils nous livrent leurs impressions sur l'examen.
Cette semaine la Chine a vécu au rythme des épreuve du gaokao, l'examen national d'entrée à l'universités.Trois jours de dures épreuves durant lesquels certains chantiers travaillent même au ralenti pour éviter que le bruit ne déconcentre les adolescents. Ils étaient de plus de 10 millions de jeunes a plancher sur cet examen, sésame pour accéder à l'université. Mais seuls 65 % d'entre eux pourront accéder à l'enseignement supérieur.
"L'année dernière je me suis effondré, je suis arrivé au gao kao et d'un coup j'ai tout oublié. Ça a été très frustrant. Cette fois-ci la pression était bien là, mais j’étais tout de même moins stressé" raconte Yang Yang.
"Lorsque je râté l'examen en 2008, j'ai décidé d'étudier et de me présenter un an plus tard. Je crois que je mérite un meilleur résultat qui me permette d’aller dans une université plus prestigieuse et d’obtenir un bon travail par la suite" espère Chen Yong Chao.
Yang Yang et Chen savent déjà qu'ils n'auront pas assez de points pour accéder au rêve de tous les jeunes chinois: une place dans l’une des deux plus prestigieuses universités de Chine, Qinghua et Beida à Pékin. Comme eux, tous les élèves sont soumis à une énorme pression: depuis qu'ils sont tous petits, ils vont à l'école 6 jours par semaine et ne pensent qu'au gaokao.
Le score de l'examen va de 100 à 900 points, et compte trois sujets obligatoires: chinois, mathématiques et langue étrangère ; et des sujets à choisir selon sa filière : physique, chimie et biologie pour les sciences, histoire, géographie, et éducation politique pour les sciences humaines.
Durant les trois jours d'examen, on sentait beaucoup de stress à Pékin, raconte Ana Fuentes. Les voitures de police surveillaient les écoles, les véhicules à moteur ont été bannis à proximité des centres d’examen. A Taiyuan, capitale de la province du Shanxi, on a meme demandé aux professeurs surveillant les épreuves de ne pas porter de chaussures pour éviter le bruit. Les parents anxieux attendaient dehors avec leur caméra pour filmer les adolescents à la sortie. Les familles qui habitent en banlieue prennent souvent une chambre d'hôtel pour éviter les longs trajets aux enfants.
Le niveau d'exigeance est toujours élevé car un mauvais score peut signifier la fin des études. Mais cette année, avec un marché du travail frappé par la crise, la pression était encore plus forte.
Ce qu’il faut savoir, c’est que les lycéens qui habitent Pékin ou Shanghai ont beaucoup plus de chances d’intégrer les meilleures universités. Le score requis pour eux est souvent plus bas que celui demandé aux candidats des petites provinces comme le Hunan. Un système redoubtable qui est contesté par certains, comme Chen Yong Chao.
"Des millions d'étudiants se présentent chaque année, comment est-il possible de choisir les meilleurs juste selon les résultats d'un examen? Bien sûr il faut des instruments de mesure et le Gaokao est celui que l'on a pour l’instant. Mais on ne peut pas dire qu'il soit juste. Pour inscrire leurs enfants dans une bonne école les parents les obligent souvent à réviser leurs cours même le week-end. Ces gamins ne profitent pas de leur enfance, il ne jouent pas. Ils ne font qu'étudier et n'ont jamais le temps de dessiner, de faire de la musique ou d'autres activités".
Corruption, injustice, fraude, le gaokao est aussi la cause d'un certain nombre de scandales qui font la une de la presse chinoise.
La concurrence étant féroce, tous les ans, il y a des histoires autour du gaokao: des parents qui versent des pot à vins ou utilisent des systèmes sophistiqués pour connaître les sujets à l’avance. Cette année, au moins huit personnes ont été arrêtées et quatre enquêtes ouvertes pour production et vente de gadgets qui permettraient de communiquer avec les étudiants dès l'extérieur. Il faut dire que les tricheurs risquent de se voir interdits d’examen pendant 2 ans.
Dans une enquête du site internet Sina.com, plus de 61% des gens estimaient que le gaokao a une mauvaise influence sur la vie des chinois.

