La carte postale de Julie Desné: Climat tendu sur le toit du monde pour les célébrations du Nouvel an tibétain
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Le Tibet fêtait la semaine dernière son nouvel an traditionnel. L’ambiance était plutôt tendue à la veille de ce mois de mars que Pékin prévoit funeste. Julie Desné, à Shanghai, a recueilli des témoignages à la veille de ce mois particulier.
J’ai pu discuter par téléphone avec plusieurs personnes basées à Lhasa. Et le mois de mars n’est jamais très riant sur le toit du monde, car c’est celui des anniversaires qui fâchent. Le 10 mars 1959 éclatait une révolte des moines tibétains contre le pouvoir chinois. Deux semaines plus tard le dalaï lama était contraint de fuir en Inde. Cette année, les Tibétains commémoreront les cinquante ans de l’exil de leur leader. Et Pékin ne compte rien lâcher. La tension est montée d’un cran cette semaine. Les Tibétains ont boycotté les célébrations de leur propre nouvel an, le 25 février. Les rues étaient donc désertes cette semaine. Mis à part les nombreux policiers et militaires en faction.
Les hôteliers désespèrent de voir des touristes remplir leurs établissements. La situation ne devrait pas s’arranger pour eux. L’Agence France Presse révélait cette semaine que la région serait totalement fermée aux touristes étrangers en mars. Réouverture prévue pour le 1er avril. Un journaliste chinois basé à Lhasa me disait que les autorités n’avaient pas mis d’interdiction formelle en place. Mais elles ont reconnu que les permis de voyager seraient très difficiles à obtenir. Je vous rappelle que n’importe quel touriste étranger qui veut se rendre au Tibet doit obtenir un pass spécial. Il s’agit en général d’une simple procédure réglée par les agences de voyage. Mais une procédure facile à bloquer en des temps difficiles.
Le Tibet a passé une année sous haute surveillance, depuis les émeutes de mars 2008. Les journalistes étrangers ont beaucoup de difficulté à se rendre sur place. Il y a deux semaines, le gouvernement central a emmené là-bas une délégation de huit journalistes étrangers, complètement encadrés. Pour le reste, les demandes de reportages indépendants sont refusées. Et ces dernières semaines le contrôle s’étendait aux provinces voisines qui comportent des zones culturelles tibétaines comme le Gansu, le Sichuan ou le Yunnan. Même des touristes ont eu des problèmes pour circuler. Pékin espère ainsi réduire au maximum le public du mécontentement tibétain, qui risque de s’exprimer ce mois-ci.
