Censure : les autorités chinoises restent fermes
2009 a été l'année de la lutte anti-pornographie sur le net en Chine. Pour de nombreux observateurs, la campagne d'assainissement du web n'est qu'un prétexte pour Pékin afin de renforcer son contrôle politique et social.
Encore récemment, les autorités chinoises se sont faites remarquer avec la mise en place d'un nouvel outil de contrôle du web. Après le système de blocage des sites indésirables (appelé parfois la Grande Muraille de Feu chinoise), après le projet de mise en place forcé d'un logiciel de contrôle dans les ordinateurs fabriqués sur place, la cyberpolice chinoise utilise la délation.
Depuis le vendredi 4 décembre, les citoyens peuvent ainsi dénoncer par téléphone ou par mail des sites «pornographiques», en échange de quoi peut leur être versé une récompense de 1000 à 10 000 yuans.
La mesure aurait, selon les organes de presse officiels comme Chine Nouvelle, rencontré un probant succès... Sur l'ensemble de l'année 2009, la campagne anti-pornographie chinoise se montre prolifique : 3500 personnes arrêtées, 1,25 millions d'articles et 7000 sites internet supprimés, toujours selon l'agence de presse chinoise.
Les autorités se retranchent derrière une volonté «d'assainir» la toile afin de protéger les plus jeunes pour justifier la censure de certains sites web ou encore la campagne anti-pornographie.
Certains observateurs s'inquiétent du flicage croissant, symbolisé par les contrôles d'identité à l'entrée des cybercafés, et le manque de clarté concernant les cibles du «nettoyage ».
Le terme «pornographie» en chinois abrite un concept beaucoup plus large et vague que dans les langues occidentales, et les autorités apparaissent user de cette largesse pour faire certaines purges dans tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la dissidence.
D'ailleurs, la dynamique actuelle ne concerne pas seulement internet : répression des émeutes au Xinjiang, sanction contre un journaliste ayant interviewé Barack Obama sans permission... ceux qui critiquent la Chine sur les droits de l'homme n'ont pas fini d'avoir matière à discuter.

