Pīngpāng qiú – Le sport national chinois
Quelle surprise que d’apprendre que le tennis de table est un sport relativement récent, inventé à l’époque de Mao Zedong au début des années 1900. Quelle surprise également que d’apprendre, contrairement aux idées reçues, que le tennis de table n’a pas été inventé en Chine. Il a vu le jour dans l’Angleterre victorienne et s’est par la suite répandu en Asie.
Le tennis de table, comme son nom l’indique, a débuté son histoire comme substitut d’intérieur du tennis, sport très prisé par l’aristocratie britannique. À la place de la balle ils utilisaient un bouchon de champagne et se servaient d’un paquet de cigarettes comme raquette, une pile de livres faisant office de filet.
Bien que ce jeu ne fasse pas une percée foudroyante en Europe, il prend des proportions incroyables dans des pays comme le Japon, la Corée et la Chine. Cet innocent passe-temps de l’aristocratie victorienne devient rapidement un sport de compétition, devenant même le sport national dans la Chine des années 1960. Peut-être également en raison du coût modeste de l’équipement et de la facilité avec laquelle on peut le trouver. Cet équipement peut aisément être installé dans les réfectoires des usines ou même à l’extérieur.
La raison pour laquelle on appelle aussi le tennis de table, le ping-pong, nous vient de Chine. Dans l’Empire du milieu, ce jeu est nommé pīngpāng qiú (乒乓球) et dû au fait que la Chine domine ce sport, ce nom a fait son chemin parmi les autres langues. Dans les cercles officiels comme les clubs ou les compétitions, on appelle ce jeu tennis de table, mais à l’école ou dans les autres endroits où l’on joue pour s’amuser, on l’appelle ping-pong.
La diplomatie du ping-pong
Pour des raisons à la fois historiques et politiques, la Chine sort du lot dans le monde du tennis de table entre 1965 et 1971, durant l'apogée de la révolution culturelle. Le ping-pong occupe une position centrale dans la politique mondiale des années 1970, à travers ce que l'on appelait alors la “diplomatie du ping-pong” entre la Chine et les États-Unis.
Tout a commencé en 1971 lorsque la Chine s'engage, après une longue absence, aux championnats du monde de tennis de table qui ont lieu au Japon. La délégation chinoise invite son homologue américaine à lui rendre visite en Chine.
Le 10 avril, neuf joueurs, quatre officiels et un couple marié, tous américains, sont joyeusement accueillis alors qu'ils traversent le pont reliant Hong Kong à la Chine continentale. Il s'agit de la première délégation américaine à visiter la Chine depuis la création de la République Populaire en 1949. Cette première entre en force à la une les médias, dans la mesure où la délégation est accompagnée de cinq journalistes américains. Dans les jours qui ont suivi, le public américain a pu voir son équipe nationale jouer (et perdre), visiter la grande muraille ou discuter avec des étudiants et des travailleurs chinois.
Le premier ministre chinois de l'époque, Zhou Enlai, a tellement charmé ses visiteurs que les États-Unis ont levé un embargo commercial sur la Chine, mis en place, vingt ans plus tôt. L'équipe chinoise est à son tour invitée aux États-Unis.
La domination chinoise à son apogée
Durant les Jeux Olympiques de Séoul, en 1988, le tennis de table est finalement admis dans la liste des sports olympiques. De nos jours, les meilleurs joueurs du monde sont quasiment tous chinois. Il existe en Chine environ 4 millions de joueurs. Une anecdote montre bien l'immense popularité de ce sport dans l'Empire du milieu, la star suédoise du tennis de table, Jan-Ove Waldner, est appelé là bas Lao Wan et aucun chauffeur de taxi pékinois n'ignore son existence.
La star chinoise du tennis de table, Wang Liqin, a intégré l'équipe nationale alors qu'il n'avait que quinze ans. Il a gagné trois titres mondiaux consécutifs. Il se retrouve d'ailleurs souvent opposé en finale à son compatriote et compagnon d'entraînement préféré Ma Lin.
Cet article a déjà été publié sur notre site le 18.02.2009.


