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John Ian Wing: Un protagoniste de l’histoire olympique

28.08.2008, 15:00 GMT

[Click for a bigger view]La lettre de John Ian Wing au comité d'organisation des Jeux de Melbourne (Image: published with permission from the National Library of Australia.)La lettre de John Ian Wing au comité d'organisation des Jeux de Melbourne (Image: published with permission from the National Library of Australia.)

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1956 fût une année délicate pour organiser les Jeux Olympiques. Des événements politiques -- de la crise du canal de Suez à l’invasion de la Hongrie par les Russes – ont failli écraser le plus gros rendez-vous sportif planétaire. John Ian Wing, alors âgé de 17 ans, a observé toutes ces péripéties depuis son domicile de Melbourne, ville hôte des Jeux, cette année là.

Lorsque les équipes hongroises et russes se sont affrontées en finale de la compétition de water polo, la partie a dû être interrompue à la suite de bagarres entre les adversaires, Wing a senti qu’il devait agir.

"J’ai toujours été intéressé par le sport, j’ai donc suivi attentivement les Jeux de Melbourne. J’étais très déçu et malheureux de ce qu’il se passait, comme tout le monde dans la ville, d’ailleurs. J’ai pensé, qu’au lieu de se plaindre, il était mieux d’envoyer un courrier aux organisateurs. J’avais eu une idée, dont je pensais qu’elle pouvait résoudre le problème.", se souvient-il.

Sa suggestion était brillante de simplicité. Faire faire le tour du stade à tous les athlètes, comme s’ils n’étaient qu’un, effaçant par là même, leurs différences.

"Guerres, politique et nationalités seront toutes oubliées, que demander de plus que le monde ne représente plus qu’une seule nation?" interroge-t-il dans sa lettre.

Sa lettre est reçue par le comité d’organisation, trois jours avant la cérémonie de clôture. Déçu de constater que les journaux ne se faisaient pas l’écho d’un quelconque changement protocolaire à la cérémonie de clôture, il décide de passer son samedi au cinéma.

Lorsqu’il sort de la salle, il voit un groupe de gens attroupé devant un magasin qui regarde la cérémonie. "J’ai décidé de regarder aussi et j’ai vu tous les athlètes marcher ensemble."

Cette marche a pris tout le monde de cours, y compris les médias. Le Comité International Olympique a révélé, par la suite, le contenu de la lettre envoyée par un jeune garçon chinois inconnu.

"J’ai été très surpris par l’attention qu’a suscitée ma lettre. Je ne réalisais pas que la couverture médiatique était aussi importante. J’ai décidé de garder le silence. Après tout, comment pouvais-je dire à mes camarades de classe que c’était moi qui avait écrit cette lettre? J’avais également un peu peur que mes parents me disputent pour avoir écrit à des personnes si importantes."

Toutefois, un mois plus tard, Wing décide d’écrire une autre lettre à Sir Wilfrid Kent Hughes, le président du comité d’organisation des Jeux de Melbourne. "Je lui ai donné mon nom et mon adresse mais lui ai dit que je souhaitais rester anonyme. C’est un souhait qu’il a respecté. Quelques jours plus tard, un officiel du comité se rendit au magasin de mon père avec une médaille olympique pour moi, de la part de Sir Hughes."

John Ian Wing (Image: published with permission)John Ian Wing (Image: published with permission) C’est cette seconde lettre, qu’un étudiant, Shane Cahill, est parvenu à trouver trente ans plus tard, dans les papiers de Sir Hughes, décédé depuis peu. Cahill préparait une thèse sur l’olympisme.

"Je vivais depuis quelquetemps déjà à Londres et je n’ai pas réalisé qu’ils me cherchaient. Un jour de 1986, vers deux heures du matin, j’ai été réveillé par un coup de téléphone. Etes-vous John Ian Wing? demande la voix au bout du fil. Oui répondis-je. Savez-vous que tout le monde vous cherche en Australie?"

Après trente ans d’anonymat, Wing obtient enfin la reconnaissance qu’il méritait. Il est invité d’honneur aux Jeux de Sidney en 2000, la route principale entre le village et le stade olympique porte même son nom.

"Je suis très fier que les chinois accueillent ces Jeux. C’est une chance pour la Chine de montrer au monde ce qu’elle est réellement et ce qu’est réellement son peuple. Les Jeux représentent sûrement la meilleure chose qu’il soit jamais arrivé au pays."

"Je sais que la Chine peut faire quelquechose de spectaculaire, que les Jeux seront spectaculaires. Mais arriveront-ils à leur, un monde, un rêve? Cela ne peut être fait que lors de la cérémonie de clôture. Si les athlètes y participent et ne représentent qu’une seule et même nation, alors Pékin aura atteint son rêve. Ceci est ma contribution."

Visiter le site internet de John Ian Wing


Auteur: Geni Raitisoja

Interview par: Geni Raitisoja

Traduit par: Christophe Croze

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