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La France peut-elle renforcer sa présence sur le marché chinois?

La ville de Wuhan accueille déjà plus de 70 entreprises françaises (Image: China News Service)La ville de Wuhan accueille déjà plus de 70 entreprises françaises (Image: China News Service)

Avec la plus forte croissance trimestrielle de son PIB en douze ans(+11,9%), la Chine est en passe de supplanter l'Allemagne et de devenir la troisième puissance économique mondiale. Mais comment la France, 6e puissance économique peut-elle parvenir à tirer son épingle du jeu sur le marché chinois ?

Avec Hubert Testard, Ministre conseiller auprès de l'ambassade de France à Pékin et chef de la mission économique de Pékin et Louis Michel Morris, directeur général d'UBI France, l'agence française pour le développement international des entreprises, il a aussi dirigé la mission économique de Shanghai d'août 2003 à mars 2005.

En regardant les chiffres officiels de la place de la France sur le marché chinois, ces derniers montrent qu'une grande marge de progression est possible. En effet, la France n'est actuellement que le 16e fournisseur de la Chine avec une part de marché inférieure à 2 %.

Selon Hubert Testard, la France, en Chine, c'est aussi plus de 10 milliards d'exportations directes et un chiffre d'affaire total des implantations françaises qui dépasse les 15 milliards d'euros et qu'il progresse de plus de 25 % par an. Louis-Michel Morris confirme que la Chine attire de nombreux investisseurs français. Pas moins de 2000 clients prennent contact chaque année avec UBI France pour développer des activités en Chine. Ce pays est également celui qui détient le plus de VIE (Volontariat International en Entreprise), 600, en cours.

Est-il possible de pouvoir améliorer ces chiffres ? Louis Michel Morris n'en doute pas. Il encourage les PME à aller investir et conquérir ce "marché du monde" de 700 millions de Chinois qui ont un pouvoir d'achat. À chaque salon que UBI France organise, c'est une moyenne de 100 000 euros de chiffre d'affaire par entreprise qui s'ensuit. L'agence française pour le développement international des entreprises organise d;ailleurs en novembre, en collaboration avec les chambres de commerce et d'autres associations, un forum dans la capitale chinoise avec 200 PME qui auront la possibilité d'accéder marché de l'Empire du Milieu.

Quels sont les secteurs intéressants ?

Hubert Testard énonce quelques secteurs en pleine croissance et dans lesquels les entreprises françaises pourraient venir se placer. D'après le chef de la mission économique de Pékin, les biens de consommation, comme les cosmétiques et le vin, ou encore l'agro-alimentaire et le secteur des services, et particulièrement ceux des services informatiques et des services aux entreprises comptent parmi les opportunités les plus intéressantes.

Au début de l'année, le gouvernement chinois a décidé d'annuler les avantages fiscaux qu'il attribuait aux entreprises étrangères en remenant le taux d'imposition des sociétés à un peu moins de 25 % tant pour les entreprises chinoises qu'étrangères. Mais cette décision n'affecte pas l'intérêt d'aller s'implanter en Chine. Hubert Testard précise que ce taux est d'ailleurs moins pénalisant que celui en France. De plus, il souligne que la Chine accorde toujours des rabais d'imposition, mais au lieu qu'elle soit exercée en fonction d'une nationalité, elle se fait désormais en fonction des secteurs de l'économie. Les hautes technologies et de l'environnement, par exemple, bénéficient toujours d'un accueil favorable de la part des autorités chinoises.

Le groupe automobile PSA est implanté à Wuhan (Image: Site internet de la ville de Wuhan)Le groupe automobile PSA est implanté à Wuhan (Image: Site internet de la ville de Wuhan) D'un point de vue de localisation géographique, si la côte reste toujours très attractive, Hubert Testard ne sous-estime pas l'attractivité de pôles de croissance qui apparaissent à l'intérieur du pays comme à Chengdu, Wuhan, ville qui accueille déjà plus de 70 entreprises françaises dont les constructeurs automobiles Peugeot et Citroën, ou encore dans les villes du nord, et notamment Shenyang.

Le nationalisme économique actuel en Chine est-il un obstacle ?

Le cas très médiatique du conflit commercial de Danone avec son partenaire chinois Wahaha peut inquiéter certaines entreprises à tenter l'aventure chinoise. Et pourtant, le chef de la mission économique de Pékin refuse de généraliser l'avenir des entreprises conjointes à ce cas particulier. "Au-delà de ce cas difficile, il y a plus d'un millier de JV (Joint-venture) franco chinoises en ce moment en Chine qui fonctionnent bien", affirme-t-il. Il ajoute que les autorités chinoises sont toujours intéressées par les investissements étrangers de qualité, et mentionne les exemples récents de Seb et d'Alstom qui viennent de réaliser des rachats importants de grandes entreprises chinoises sur lesquels les autorités ont porté un "examen attentif" et qui ont abouti. "Un résultat positif", juge Hubert Testard.

Les liens
Missions économiques en Chine
UBI France

Auteur: Daniel Ernult


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