Une législation trop dure pour les entreprises européennes en Chine ?
Après les problèmes de Google, de Danone, ou encore General Electric, dont le PDG Jeffrey Immelt estime que les conditions en Chine n'ont jamais été aussi compliquées depuis 25 ans, voici que la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine confirme la tendance via son étude annuelle : la législation chinoise deviendrait de plus en plus restrictive pour les entreprises occidentales, de quoi remettre en question l'investissement à long terme...
Cinq cents entreprises membres de la Chambre de commerce de l'Union européenne ont accepté de prendre part à une enquête annuelle sur leur situation en Chine. Sans surprise, la première grande idée qui ressort de l'étude est que l'Empire du milieu reste un marché essentiel et incontournable pour tous les entrepreneurs dignes de ce nom. Car contrairement à beaucoup d'autres, le marché chinois est encore aujourd'hui en pleine croissance et offre des perspectives exceptionnelles.
Néanmoins, les entreprises européennes sont inquiètes. Inquiètes de voir que la réglementation les concernant se complique chaque jour un peu plus et rend leurs activités beaucoup plus difficiles à poursuivre. De fait, la plupart ne peuvent faire des projets d'avenir, le moyen et long terme devenant imprévisibles.
La situation de Google, le géant de l'internet américain, est assez significative : le groupe a dû consentir à d'énormes concessions pour préserver sa licence d'exploitation, condition indispensable pour pouvoir rester en Chine. Ses problèmes juridiques pour pouvoir exercer sont courants vis-à-vis des Occidentaux, et ne peuvent plus se régler aujourd'hui par les joint-ventures ou co-entreprises.
Ce procédé était en effet très populaire il y a encore une dizaine d'années, mais beaucoup d'entreprises -comme l'a symbolisé l'affaire Danone fin 2009- comprennent désormais les limites de cette stratégie : un contrôle de la société très limité, et un règlement des éventuels litiges avec le partenaire chinois souvent favorables à ce dernier.
Toutes ces difficultés en Chine trouvent leur source dans différents phénomènes : la crise économique, une compétition accrue par la présence de concurrents chinois chaque jour plus compétitif ou encore l'augmentation générale des coûts de production.
Si bien qu'aujourd'hui, on pourrait se demander pourquoi tant d'entreprises rêvent encore de s'implanter en Chine, ou insistent pour y rester. Pour Dirk Moens, le Secrétaire-Général de la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine, l'équation est très simple : si les opportunités sont plus importantes que les risques, les entreprises restent. Si les risques dépassent les opportunités, elles s'en vont.
Pour le moment, il faut croire que les opportunités restent majoritaires en Chine. Mais des départs massifs d'entreprises occidentales ne sont pas à exclure si la situation venait à se détériorer encore.

