Une étape pour le futur: Apprendre à faire des affaires avec la Chine
Au printemps 2009, Igors Harcenkovs quitte son poste de cadre dans une entreprise de traitement du bois, fait ses bagages et s'envole de l'autre côté de la terre, pour la Chine. Bien que ce Letton de 28 ans ne soit jamais allé en Chine, ne parle pas un mot de mandarin, il n'a pas hésité une seconde à s'impliquer dans le programme d'échange Union Européenne-Chine intitulé Managers Exchange and Training Programme (METP).
Le METP, crée en 2006, est un projet inter-gouvernemental de coopération entre la Chine et l'Union Européenne dans le domaine du commerce international. Le projet offre l'opportunité à des cadres européens de différents secteurs d'activité de se former à la cuture et aux traditions du business en Chine. Durant les dix mois et demi de ce programme, les cadres européens n'apprennent pas seulement la langue mais sont en contact étroit avec des entreprises chinoises et peuvent mettre en pratique leur savoir lors de stages.
Igors, qui effectue en ce moment un stage dans une entreprise de Shanghai confie ses impressions à Radio86.
Soutien total des employeurs
“J'ai toujours considéré qu'aller en Chine était une opportunité énorme et un gros challenge. J'ai déjà vécu à l'étranger. Je suis encore relativement jeune et j'ai donc effectué ce choix tout naturellement”, raconte Igors qui explique que dans son précédent job il travaillait à l'exportation de produits en bois vers des pays asiatiques comme le Japon, la Corée du Sud ou la chine.
Igors a déniché l'opportunité de participer à ce programme dans un journal. Igors discute alors de cette opportunité avec ses employeurs qui lui offrent un soutien inconditionnel. Igors postule donc à cette formation. Au delà des formulaires d'inscription d'usage, il doit présenter un business plan.
“J'ai envoyé mon business plan au comité de sélection et j'ai été convoqué à un entretien à Bruxelles après qu'il fût examiné. Un peu plus tard, les candidats retenus ont été informés. Le programme en lui-même a débuté en mai de l'année dernière”, relate Igors.
Adaptation à la culture chinoise
Les Européens qui se rendent en Chine pour la première fois peuvent éprouver des difficultés pour comprendre certaines traditions et moyens de communication. Dès lors, un entraînement inter-culturel attend les participants au programme.
“Durant les deux premières semaines, nous avons rencontré des cadres chinois à Pékin et à Shanghai où nous nous sommes préparés à affronter différents challenges. Une fois cet entraînement inter-culturel achevé, nous avons dû nous mettre à la recherche d'un logement pour nous installer”. “Au début, ce n'était pas facile” raconte Igors, “je n'étais jamais allé en Chine auparavant”.
Il est donc normal que cela prenne un peu de temps pour s'adapter, notamment à cause de la barrière du langage. Selon Igors, il n'avait jamais vécu auparavant un choc culturel aussi intense, tant de choses étaient totalement nouvelles pour lui en Chine.
“J'avais déjà une petite expérience. J'ai vécu à San Francisco qui abrite une très grosse communauté chinoise. Quelque part, j'étais un peu préparé mais c'est tellement différent ici en Chine”, explique Igors.
Les premiers sept mois, les participants au programme, suivent des cours intensifs de mandarin à l'université d'économie et d'affaires internationales de Pékin qui facilitent l'adaptation à la culture chinoise.

“Habituellement, nous avions six cours par jour. Nos cours commençaient à 8h30 pour s'achever à 15h15. Après cela j'avais encore une heure avec un professeur particulier et environ deux heures de travail à la maison. En résumé, lorsque nous en étions à l'apprentissage de la langue, je travaillais entre 8 et 9 heures par jour.”
Tout sur l'environnement chinois du monde des affaires
Le programme était très intensif et pas seulement lors de l'apprentissage de la langue, ce fût également le cas lorsque nous avons abordé l'environnement chinois du business. Les participants avaient beaucoup de cours magistraux, de visites d'entreprises et de voyages d'affaires à travers la Chine. Ils ont également visité beaucoup de salons et d'expositions.
Selo Igors, le programme offre des connaissances importantes et de nombreuses opportunités pour le futur.
“Je suis très satisfait de ce programme. Tout d'abord, parce que j'ai pu apprendre la langue et ensuite car sur cette courte période, nous avons appris beaucoup à propos de la Chine. Pas seulement en terme de business mais également sur la culture, nous avons visité plusieurs villes et rencontré de nombreuses personnes qui vivent en Chine et y travaillent depuis 10-15 ans. Nous avons eu l'opportunité de découvrir beaucoup de choses en peu de temps sur ce grand pays qu'est la Chine”, révèle Igors.
Igors note encore que pour ceux qui souhaitent développer une affaire en Chine, la langue et de nombreux sujets avec lesquelles les Européens ne sont pas familiarisés, peuvent constituer un obstacle. Igors suggère:
“Il serait utile que les candidats venus d'Europe puissent compter sur quelqu'un qui les aiderait individuellement à développer leur business plan ou leur projet professionnel. Avoir une sorte de mentor qui vit déjà en Chine depuis des années et possède une expérience professionnelle, qui puisse donner des conseils détaillés pour chaque étape du processus nécessaire pour installer une affaire en Chine”.
Connaissances pour le futur
À l'heure actuelle Igors est dans la dernière partie de la formation. Il lui reste trois mois durant lesquels il va pouvoir mettre la théorie en pratique.
“Je suis en stage dans une entreprise britannique à Shanghai. Il semblerait que cette entreprise ait envie de m'embaucher définitivement. J'ai également des idées de propre business qui concernerait des produits chinois sur le marché letton.”
La société dans laquelle Igors effectue son stage est spécialisée dans la commercialisation de produits manufacturés dans le domaine des parquets en chêne. Cela signifie que Igors peut mettre en pratique à la fois ses nouvelles connaissances et l'expérience acquise dans son précédent métier. En fait, ses anciens employeurs le consultent de temps à autre sur le marché chinois du bois.
“Je suis resté en contact avec mes anciens employeurs en Lettonie et nous discutons de manière permanente à propos des produits et des prix que nous pouvons offrir au marché chinois, ainsi que de ce qui constitue nos forces”, explique Igors.
Encore tellement à apprendre au sujet de la Chine
Bien que son agenda quotidien soit bien chargé, Igors parvient à se ménager du temps pour d'autres activités.
“Je suis généralement à Shanghai où je passe beaucoup de temps à travailler avec mes collègues. J'ai cependant quelques amis chinois plus mes amis du METP qui ont bougé sur la ville et que je rencontre beaucoup”, dit Igors.
Le programme s'achève en mai et il va falloir qu'Igors se décide bientôt quant à la suite à donner au événements. Pour l'instant, il est plutôt bien parti pour rentrer en Europe.
“Je suis très excité à l'idée de rester en Chine. Si j'ai une bonne opportunité, je la saisirai. Au final, 10 mois, c'est assez court pour découvrir un pays aussi grand et qui se développe aussi rapidement que la Chine. Une autre raison qui me pousserait à rester est la langue. Je n'avais pas étudié le Chinois avant de venir ici, rester dans le pays serait bénéfique pour ma carrière. En restant, je pourrais aussi parfaire ma connaissance de la langue.Il y a tellement de choses à faire ici”, explique Igors.


