Le yuan apprécié sous les pressions du G20 ?
Samedi 26 juin, une semaine avant le G20 de Toronto, la Banque centrale chinoise indiquait qu'elle acceptait de laisser sa monnaie s'apprécier. Beaucoup d'observateurs y ont vu un geste stratégique en vue de la réunion des principales économies mondiales. Dans les faits, il s'agit tout autant d'une réponse aux besoins chinois.
Restructurer l'économie
La question de la réévaluation du yuan n'est pas une nouveauté en Chine. Depuis la fin des Jeux Olympiques 2008, et avec la crise financière mondiale qui a suivi, une vraie réflexion s'est développée chez les dirigeants chinois à propos du taux de change.
Il est devenu clair pour les décideurs à Pékin que les exportations ne pourraient soutenir indéfiniment la croissance chinoise. Une restructuration de l'économie vers la demande intérieure -ce sur quoi la plupart des experts de tous pays s'accordent- est devenue une priorité.
La décision chinoise de laisser le yuan s'apprécier apparaît avant tout comme la réponse à une problématique intérieure chinoise -elle permettra notamment de lutter contre l'inflation- et non comme une concession face aux pressions internationales.
Car s'il est vrai que les Etats-Unis ont fait pression sur Pékin pour obtenir cette "concession", cette stratégie n'est pas une spécificité de l'administration Obama. Mais jusqu'à présent, probablement parce que Pékin jugeait que c'était contre ses intérêts, toutes les pressions étaient restées sans suite ou presque...
En demandant que toute référence à sa politique monétaire soit effacée du communiqué final du G20 de Toronto, Pékin a visiblement voulu confirmer que sa décision d'assouplir son taux de change n'avait aucun lien avec la rencontre internationale du week-end.
Appréciation contrôlée
Néanmoins, les partisans, notamment aux Etats-Unis, d'une forte revalorisation de la monnaie chinoise risquent d'être déçus. La priorité des dirigeants chinois reste la stabilité du pays, que ce soit sur les plans politiques, sociaux et donc économiques.
La réévaluation du yuan risque donc de prendre du temps avant d'être significative, car une fluctuation trop brusque mettrait en danger l'économie chinoise. Le fait que la monnaie chinoise ait atteint un niveau historique ce lundi, au lendemain du G20, peut néanmoins être perçu comme un signe de la bonne volonté chinoise sur ce dossier.
Vers un G2 Chine-USA ?
L'impression continue de prédominer lors des sommets entre les principales économies mondiales : ce sont la Chine et les Etats-Unis qui animent les débats, si bien que de nombreux observateurs imaginent déjà la naissance d'un G2 entre les deux grandes puissances.
Ces dernières ont l'avantage pour elles, au contraire de l'Europe, de pouvoir chacune parler d'une seule voix. Néanmoins, leurs intérêts réciproques sont trop divergents pour laisser présager à court ou moyen termes de la constitution d'un G2 à proprement parler.

