La crise: un contexte favorable pour les acquisitions chinoises à l'étranger?

La crise: un contexte favorable pour les acquisitions chinoises à l'étranger?

la Chine gorgée de cash se lance dans de nouvelles acquisitions à l'étranger
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Le 12 février, le géant chinois de l'aluminium Chinalco a annoncé qu'il allait investir 19,5 milliards de dollars dans le groupe minier australien, Rio Tinto, soit le plus gros investissement chinois jamais réalisé à l'étranger. A l'heure où les capitaux se font rares, la Chine gorgée de cash est plus que jamais en position de force pour réaliser des acquisitions à l'étranger et satisfaire son immmense appétit energétique.

Encouragées à partir à la conquête du monde depuis quelques années déjà, les entreprises chinoises n'ont pas toujours été les bienvenues partout. On se souvient notamment de l'échec de la tentative de rachat du groupe américain Unucal par la CNOOC en 2006 et plus généralement en Occident d'une certaine méfiance vis-à-vis des capitaux rouges. Aujourd'hui pourtant la crise semble offrir à la Chine un contexte favorable pour réaliser des investissements stratégiques.

En Australie, le géant minier anglo-australien Rio Tinto, fortement endetté, aurait opté pour un renforcement de la participation dans son capital du premier producteur d'aluminium chinois Chinalco. Selon les termes de cet accord, le groupe public chinois apporterait 19,5 milliards de dollars (15,1 milliards d'euros) de capitaux frais. Déjà actionnaire du groupe minier, Chinalco devrait acheter pour 7,2 milliards de dollars d'obligations convertibles émises par le groupe et investir 12,3 milliards supplémentaires dans trois partenariats stratégiques, dans le cuivre, l'aluminium et le minerai de fer. Sa participation au capital de Rio Tinto passerait alors de 9 à 18%. Criblé de dettes également, le groupe minier australien Oz Minerals a affirmé le 16 février avoir accepté l'offre du chinois Minmétals.

Ces deux offres, émanant de deux groupes publics chinois, doivent cependant recevoir le feu vert des autorités australiennes peu enclines pourtant à laisser leurs ressources naturelles aux mains des étrangers. Mais le gouvernement australien, dont l'industrie minièe est prise à la gorge par la crise économique, est-il en mesure de "mettre dehors la seule personne qui a de l'argent dans les poches et l'envie de le dépenser?" selon l'expression du magazine Time.

L'offensive chinoise en Australie ne s'arrête pas là. Le bras financier de Pékin, le puissant fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) s'est allié au groupe minier Anglo American pour approcher le numéro trois australien du minérai de fer, Fortescue Metals Group.

"La crise affecte la Chine mais elle se trouve en meilleure posture que d'autres, mais leur position n'est pas mauvaise cette année, observe Loîc Tassé de l'Université de Montréal cité par La Presse canadienne. Les Chinois sont en meilleure posture que d'autres, donc ils peuvent acheter. Il faut voir si le pays aura encore les moyens de sa stratÈgie l'an prochain".