Séisme au Qinghai : un désastre naturel amené à se reproduire ?
Le 14 avril dernier, la province du Qinghai a été meurtrie par un séisme entre 6,9 et 7,1 sur l'échelle de Richter. Au vu du profil sismique du plateau tibétain, un tremblement de terre de cette ampleur se reproduira forcément. Reste à prier pour que les zones fortement peuplées soient épargnées...
Actuellement, on peut se demander si Dame nature n'est pas en train de s'acharner sur Yushu, épicentre du séisme qui a frappé la province chinoise du Qinghai, et fait plus de 2000 morts et 12 000 blessés selon les chiffres officiels.
Depuis jeudi, lendemain d'une journée de deuil national, c'est en effet la neige qui a décidé de tomber sur la zone sinistrée, rendant encore un peu plus difficile le travail des équipes de secours. Cet épisode neigeux devrait se prolonger jusqu'à samedi, et amenuise encore un peu plus les espoirs quant à la découverte de survivants.
Si on regarde sa puissance, aux environs de 7 sur l'échelle de Richter, le séisme du Qinghai n'a rien d'exceptionnel. Plus d'une dizaine de tremblements de terre de ce type se produisent chaque année à travers le monde.
A titre de comparaison, le séisme du 12 mai 2008 au Sichuan avait été bien plus impressionnant et destructeur. A ce niveau, on en compte en moyenne un par an à la surface du globe terrestre.
Le désastre naturel qui vient de frapper le Qinghai est principalement dû à un coup du sort : la faille à l'origine du séisme est située sous la ville de Yushu. Or, si un séisme de ce genre est bénin dans une zone non-peuplée, il devient particulièrement meurtrier à proximité d'une ville, en raison notamment des écroulements de constructions souvent inadaptées pour résister.
L'activité sismique, et le déclenchement d'un tremblement de terre sont pratiquement impossibles à prévoir pour les scientifiques. La seule chose en leur pouvoir pour le moment consiste à identifier les zones à risques : le plateau tibétain en est une avec plusieurs failles actives présentes sous ou à proximité de zones d'habitation, qui plus est anciennement peuplées donc aux constructions vulnérables.
Les autorités chinoises peuvent-elles en faire plus aujourd'hui pour prévenir le phénomène ? Depuis la période maoïste, des programmes d'anticipation sismique ont été mis en place, et aujourd'hui la Chine fait partie des pays les plus avancés dans ce domaine.
C'est principalement dans les constructions à venir que des efforts doivent être faits, ainsi que dans les mécanismes de réaction post-sismique : entre 2008 et 2010, les observateurs ont d'ailleurs pu remarquer que les autorités réagissaient plus vite, et surtout, que les efforts de secours étaient mieux coordonnés.

