Le crédit-carbone a la cote en Chine
Une compagnie d’assurance automobile de Shanghai est devenue la première entreprises chinoise à acheter des crédits-carbone selon le China Daily. Une première qui laisse présager d’un futur prometteur pour le marché du crédit-carbone en Chine et pour le développement des bourses d’échange de carbone.
Tinaping Auto Insurance Co ( TPAIC) a payé 277 699 RMB (40 627 dollars) mercredi pour 8026 tonnes de crédit-carbone accumulées durant les JO de Pékin l’année dernière. Ces crédits carbone, mis aux enchères à la China Beijing Environment Exchange (la Bourse de l’environnement de Pékin) depuis décembre 2008, ont été achetés à environs 5 dollars la tonne selon Hu Wu, le président de Tianping Auto Insurance cité par le China Daily.
“Acheter des crédits-carbone va permettre à notre groupe de compenser toutes les émissions de CO2 liées à nos opérations entre 2004 et 2008, faisant de nous la première entreprise “carbone neutre” en Chine” poursuit Hu Wu.
Les crédits carbone sont des unités qui sont attribuées au porteur de projet qui réduit les émissions de gaz à effet de serre, et que le porteur de projet peut ensuite commercialiser pour financer son projet. Un crédit carbone représente une réduction de CO2 d'une tonne.
Le terme de "crédit carbone" est un terme générique, qui recouvre plusieurs catégories dont les plus connues sont les CER et les VER. Le cas le plus connu est celui des projets certifiés dans le cadre du Protocole de Kyoto, qui sont appelés "mécanismes de développement propre" (projets MDP) et qui délivrent un certain type de crédits carbone appelés CER (certified emission reduction). Les crédits carbone de type CER sont attribués par les Nations unies. Les VER (verified emission reductions) sont des crédits carbone "non officiels", c'est à dire non attribués par les Nations unies. Ils correspondent à des réductions d'émissions qui n'ont pas suivi la totalité de la procédure des Nations unies.
La société chinoise d'assurane de Shanghai a elle acheté des VER, utilisant le prix de référence fixé la bourse du climat de Chicago, car il n’existe pas encore en Chine de méchanisme de fixation des prix pour les crédits-carbone.
La Chine est aujourd’hui le plus gros fournisseur de crédit-carbone aux investisseurs étrangers pour des projets qui devront réduire les émissions de Co2 dans le cadre du Mecanisme de Développement Propre (MDP) du Protocole de Kyoto fixé depuis 2007.
Selon le Protocole de Kyoto, 38 pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, entre 2008 et 2012, de 5.2% en moyenne par rapport au niveau fixés en 1990. En utilisant le MDP, ces pays peuvent atteindre leurs objectifs à moindre coût en investissant dans des projets “propres” dans des pays en développement comme la Chine.
En tant que pays en voie de développement, la Chine n’est pas contraite par le protocole de Kyotol pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre mais Pékin se prépare activement pour le sommet de Copenhague en décembre qui doit décider d’un après-Tokyo, et envisage d’introduire certaines limitations aux émissions de Co2.
Selon Ma Aimin, directeur du département du changement climatique à la Commission pour la réforme et le développement national, cette première transaction réalisée par l’assureur de Shanghai est une “première tentative concluante” dans l’utilisation des méchanismes du marché pour la réduction des émissions de CO2.
“Notre pays va poursuivre ses efforts pour lutter contre le changement climatique durant le 12e plan quinquennal (2011-2015) en fixant des objectifs de réduction d’intensité des émissions” a t-il déclaré au China Daily, en précisant également que des projets pilotes pour développer un marché du carbone étaient en route.
“Les instruments autour de l’échange des crédits carbone, les services, les institutions et les produits n’existent pas encore en Chine explique Mei Dewen, le président de la Bourse de l’environnement de Pékin mais leur développement est très important pour mettre en place une chaîne industrielle propre”.
Depuis sa mise en place le 5 août dernier, plus de 30 millions de tonne de credit carbones ont été échangés à la Bourse de l’environnement de Pékin.
Shanghai,en vue de son Expo 2010 axée sur les problèmatiques de développement durable, a annoncé la mise en place d'une bourse d'échange de carbone, baptisée «Shanghai Environnement Energy Exchange» .
Selon les prévisions du Bureau de coordination pour l'Exposition universelle de Shanghai, l'événement, qui aura lieu du 1er mai au 31 octobre 2010, devrait émettre quelque ( millions de tonnes de carbone.
Les organisateurs promettent que 1,5 millions de tonnes d'émissions de carbone seront évitées lors de l'Exposition, grâce à des techniques d'économie d'énergie et de réduction des émissions. Les autres 7,5 millions pourront être achetées par les visiteurs, sur la base du volontariat. Ces derniers pourront acheter les émissions de carbone générées lors de leur voyage, à travers la Bourse d'environnement et d'énergie de Shanghai. La somme récoltée sera ensuite réinvestie dans des mesures de réduction de la pollution environnementale et de développement de nouvelles énergies plus propres.
une bourse d'échange de carbone, baptisée «Shanghai Environnement Energy Exchange» vient ainsi d'être mise en place par la municipalité
Selon les prévisions du Bureau de coordination pour l'Exposition universelle de Shanghai, l'événement, qui aura lieu du 1er mai au 31 octobre 2010, attirera environ 70 millions de visiteurs et devrait émettre quelques neuf millions de tonnes de carbone.
Les organisateurs promettent que 1,5 millions de tonnes d'émissions de carbone seront évitées lors de l'Exposition, grâce à des techniques d'économie d'énergie et de réduction des émissions. Les autres 7,5 millions pourront être achetées par les visiteurs, sur la base du volontariat. Ces derniers pourront acheter les émissions de carbone générées lors de leur voyage, à travers la Bourse d'environnement et d'énergie de Shanghai. La somme récoltée sera ensuite réinvestie dans des mesures de réduction de la pollution environnementale et de développement de nouvelles énergies plus propres.

