Environnement en Chine : l’OCDE tire la sonnette d’alarme

Environnement en Chine : l’OCDE tire la sonnette d’alarme

La Chine, premier pollueur de la planète
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La semaine dernière, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) présentait à la Chine son examen environnemental dans lequel elle invite la Chine à redoubler d’efforts pour lutter contre la pollution. Si la Chine est aujourd’hui la 3e puissance économique, elle est devenue aussi la première puissance polluante. Une pollution qui coûte à la Chine officiellement 64 milliards de dollars soit 3 % de son PIB et dont la nette dimension internationale inquiète le reste de notre planète. "Les priorités économiques prennent le pas sur les préoccupations environnementales" affirme l'OCDE qui tire la sonnette d’alarme et soumet 51 recommandations aux autorités chinoises.

Décryptage de ce rapport avec Christian Averous, chef de la Division des Performances et de l’information environnementale à l’OCDE.

17 des 20 plus grandes villes les plus polluées se trouvent en Chine, un tiers des cours d’eau sont " gravement" souillés, la pollution de l’air causerait 460 000 décès prématurés: le bilan environnemental de la Chine est sans appel. L’environnement paie cher le miracle économique chinois. Dans son rapport, l’OCDE pointe l’inefficacité de la politique environnementale chinoise. "Le problème ne se pose pas au niveau des lois en elle-même mais de leur application explique Christian Averous. C'est à l'échelon local que la mise en oeuvre de la politique de l'environnement rencontre le plus d'obstacles car les gouvernements locaux sont jugés sur leurs performances économiques uniquement. Pan Yue, le numéro deux de la SEPA, l’agence nationale chinoise pour la protection de l’environnement, avait lui-même reconnu les limites de la politique anti-pollution. "Au cours des cinq dernières années, en appliquant la loi, nous nous sommes aperçus que de grosses industries polluantes sont protégées par les gouvernements locaux[/b]", a-t-il déclaré à la presse chinoise.

Parmi les 51 recommandations qui figurent dans le rapport, l’OCDE appelle à une meilleure coordination de la surveillance, à une hausse des prix de l’énergie et de l’eau, à la création d’un véritable ministère de l’environnement ainsi qu’à un renforcement de la coopération internationale. Ainsi si la Chine souhaite quadrupler son PIB entre 2000 et 2020, "[i]il faudra augmenter dans les mêmes proportions le financement de la gestion de l'environnement, faute de quoi la croissance ne saurait être écologiquement viable".