L'économie chinoise en surchauffe ?
Avec une spectaculaire reprise en 2009, la Chine est devenue le premier pays à sortir concrètement de la crise financière mondiale. Pour autant, le géant asiatique n'a t-il pas trop forcé la dose dans son plan de relance ? Ne risque t-il pas aujourd'hui une surchauffe ?
La spectaculaire reprise économique chinoise a été l'un des faits marquants de l'année 2009. Il faut dire que les autorités chinoises n'ont pas hésité à mettre en place un plan de relance "vitaminé" pour que la croissance reparte.
Résultat, après une baisse à 6,7% en 2008 -ce qui avait débouché sur une hausse du chômage, principalement chez les ouvriers migrants- la Chine est repartie avec 8,7% de croissance en 2009 (10,7% au dernier trimestre).
Ce rebond chinois est-il trop rapide ? Risque t-on la surchauffe ? Certains symptomes existent, comme la trop importante hausse des crédits en janvier 2010 -contre laquelle Pékin a pris des mesures- ou la hausse exponentielle des prix de l'immobilier dans les grands centres urbains.
Si l'on en croit les spécialistes, notamment de l'OCDE, il faudrait prévoir un rythme de croissance à deux chiffres pour la Chine en 2010. Mais 10% de croissance ou un peu plus semblent tenables pour le géant asiatique, qui avant la crise économique mondiale pointait à 13% de croissance...
De plus, comme ce fut le cas pour contrer les méfaits de la crise, les autorités chinoises jouissent d'un fort contrôle politique qui leur permet de prendre des mesures fortes à court et moyen termes.
Le réel danger pour l'économie chinoise semble être la possibilité de mesures protectionnistes engagées par ses partenaires économiques. Ceux-ci, au-devant desquelles on trouve les États-Unis, acceptent de plus en plus mal la faiblesse du yuan, qui avantage significativement la Chine dans le commerce international.
L'OCDE préconise notamment que la monnaie chinoise ne soit plus appréciée selon l'évolution du dollars mais selon celle d'un panier de monnaies plus stables.
Les autres défis économiques à venir pour la Chine sont de taille : développer sa consommation intérieure -notamment en réduisant les écarts de richesse entre villes et campagnes, régions développées de l'est et régions plus en retard à l'ouest- mais aussi accroître ses capacités d'innovation et sa présence dans les industries de produits à haute valeur ajoutée.

