La Chine, seconde puissance économique mondiale aujourd'hui, première demain ?

La Chine, seconde puissance économique mondiale aujourd'hui, première demain ?

Shanghai symbolise la prospérité économique de la Chine
Found this interesting? Share it with your friends!

Il y a peu, certains officiels chinois ont assuré que leur pays était devenu la seconde économie mondiale. Que ce soit aujourd'hui ou demain, cette évolution répond à une tendance globale qui fera peut être de la Chine la première puissance mondiale dans quelques décennies.

Ce n'est donc pas une surprise de savoir que la Chine soit devenue, ou s'apprête à devenir, la seconde puissance économique au monde, derrière les Etats-Unis et devant son rival régional le Japon.

Une tendance globale

Cette évolution, lancée depuis plusieurs décennies, notamment avec la politique d'ouverture de Deng Xiaoping, beaucoup d'observateurs s'y sont préparés de longue date. Si bien qu'à l'avenir, l'idée d'un monde bipolaire Chine/Etats-Unis n'est plus exclue.

Il faut néanmoins exprimé un bémol : cette progression spectaculaire de la Chine est globale, et ne doit pas occulter les contradictions et faiblesses -notamment sur le plan social- auxquelles Pékin doit faire face.

De plus, cette dynamique chinoise n'est pas un fait isolé mais le symbole d'une tendance mondiale à l'avantage des grands pays émergents, dont l'Inde et le Brésil sont d'autres bénéficiaires. Le monde est dans une période de changements profonds, et le déplacement des pôles de richesses vers les grands pays en développement en est la grande particularité.

La revanche de la Chine

La Chine ne semble pas peu fière d'être redevenue en plusieurs décennies l'un des pays les plus influents du globe. Ce véritable nationaliste, tout autant économique que politique, peut s'expliquer par l'histoire chinoise des XIXe et XXe siècles.

Grande puissance mondiale encore au XVIIIe, l'Empire chinois avait souffert, notamment dans la seconde moitié du XIXe et la première du XXe, de sa rencontre avec les puissances coloniales occidentales. Guerres de l'Opium, mise à sac du Palais d'Eté, révolte des Boxeurs... autant d'événements avaient marqué la chute de la puissance chinoise et le besoin de revanche, tôt ou tard.

Cette revanche, la Chine est en train de la prendre symboliquement en reprenant petit à petit sa place de superpuissance internationale, économique et politique. Des événements comme les JO 2008 ou l'Exposition universelle de Shanghai ne sont que des avant-goûts...

Encore plus symbolique, c'est au Japon, le grand rival régional actuel en attendant l'émergence totale de l'Inde, que les Chinois ont ravi le rôle de seconde plus grande économie du monde. Si l'histoire du Japon, protégé des Etats-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale, apparaît comme une intégration réussie dans le modèle occidental, celle de la Chine apparaît comme une montée en puissance qui ne doit rien à personne.

Bientôt première puissance ?

A peine devenue seconde puissance économique de la planète, la Chine suscite déjà de nouvelles questions : peut être occuper la plus haute marche devant les Américains ?

Tous les indicateurs laissent à penser que oui, la Chine deviendra dans plusieurs décennies la première puissance économique mondiale, sauf incident majeur. Encore faudrait-il qu'il soit suffisamment puissant : même une révolution politique ne semble pas en mesure aujourd'hui de briser la dynamique économique de la Chine.

Le principal défi de l'Empire du milieu réside aujourd'hui dans son aptitude à gérer le vieillissement de sa population et le déséquilibre croissant entre les naissances, la proportion toujours plus grande de garçon étant susceptible de provoquer des troubles d'ordre social.

Une autre problématique repose sur l'attitude qu'adoptera la Chine lorsqu'elle sera au plus haut sommet : chercher l'hégémonie totale comme peuvent parfois le faire les Etats-Unis, ou confirmer sa politique dite de "soft power" ?

Si elle veut entretenir des relations harmonieuses avec les autres grands et futurs grands, notamment l'Inde et le Brésil, la Chine aurait intérêt à préserver la seconde option, qui jusqu'à présent a globalement fait ses preuves sur le plan diplomatique : Pékin suscite peu d'inimitiés réelles malgré son influence croissante sur les grands dossiers internationaux.

Mots-clés: