Dagong Global Rating Credit, l'agence de notation chinoise qui a dégradé la note économique de la France
Il y a quelques jours, l'agence de notation chinoise Dagong prenait le monde de l'économie à contre-pied avec un rapport dégradant les notes souveraines de plusieurs pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis. Faut-il prendre au sérieux les évaluations d'une institution fortement lié au pouvoir politique chinois ?
Dagong Global Credit Rating est en quelque sorte l'agence de notation officielle chinoise. Créée en 1994, elle est très jeune par rapport aux grandes agences occidentales comme Moody's ou Fitch Rating dont elle se veut le contre-poids chinois.
Aujourd'hui, Dagong est un acteur important sur le marché chinois, voire asiatique, mais son influence à l'échelle mondiale reste quasiment nulle. Malgré tout, en publiant un rapport qui dégradait les notes souveraines de la France, du Royaume-Uni ou encore des Etats-Unis, l'agence s'est offert un superbe coup de publicité.
Mais au-delà de cette soudaine médiatisation internationale, Dagong visait surtout le rétablissement de ce qu'elle pense vraiment comme être la vérité.
Dans son rapport de 13 pages, l'agence analyse les économies de 50 pays, et si on schématise, ses notes abaissent de un à deux crans les évaluations traditionnelles de ses équivalents anglo-saxons pour les pays occidentaux, et a contrario elle relève les notes des pays émergents comme la Chine ou le Brésil.
La première réaction a été de pointer du doigt une sorte de propagande chinoise : Dagong est étroitement liée au pouvoir politique chinois, d'ailleurs elle est implantée dans la capitale politique, Pékin, plutôt que dans le centre névralgique de l'économie, Shanghai.
Dans les faits, l'analyse de l'agence chinoise n'est pas si choquante et irréaliste : Dagong signale qu'il y a un problème conjoncturel mais aussi une tendance à moyen terme inquiétante de financement trop lourd des pays occidentaux par l'endettement. Elle signale notamment que les pays pointés du doigt sont incapables de dégager d'importante recettes et creusent donc leur dette.
L'impact du rapport de Dagong reste cependant limité car les institutions qui décernent les principaux labels de qualité sont américaines et ne veulent pas faire de Dagong une référence qui irait à contre-courant.
Le principal motif officiel reste la proximité entre Dagong et Pékin, mais cette «dépendance » politique n'est peut être pas beaucoup plus gênante que le manque d'indépendance des agences de notation occidentales dans leurs propres pays.
Quoi qu'il en soit, on peut retenir à travers Dagong Global Credit Rating que le soft power chinois s'exprime dans des secteurs de plus en plus variés : après les JO 2008 ou l'Exposition universelle pour le prestige, le développement des médias pour sa communication, Pékin met en avant son agence de notation pour promouvoir la santé de son économie.

