Christine Lagarde en Chine : trois jours pour établir les bases nouvelles de la relation Chine-France
La ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, madame Christine Lagarde, n'a passé que trois jours en Chine. Ceux-ci sont d'une importance avant tout symbolique : il ne s'agissait pas de signer de gros contrats, mais plutôt d'établir des bases nouvelles pour les relations sino-françaises.
Achevée à Hongkong le vendredi 30 octobre, la visite de trois jours en Chine de Christine Lagarde avait pour but de "démontrer que la page (des tensions franco-chinoises) est bel et bien tournée". Pour mener à bien sa mission, la ministre avait d'ailleurs fait les choses en grand, en se faisant accompagner par des parlementaires et des dirigeants de vingt-cinq entreprises françaises.
Le message a visiblement été reçu côté chinois, puisque la ministre française a été accueillie à haut niveau, le Vice-premier ministre chinois Li Keqiang faisant même part verbalement de son appréciation : "la taille de votre délégation montre pleinement la grande importance que vous accordez à nos deux pays, à la coopération pragmatique, au processus de la reprise économique mondiale et au développement sain des relations".
Les dirigeants de grands groupes présents aux côtés de madame Lagarde n'ont pas signé de gros contrats, mais l'essentiel ne semblait pas là. L'important consistait à conforter la tendance actuelle du réchauffement diplomatique entre la France et la Chine, après la brouille de 2008.
Un accord a néanmoins été signé, le premier jour de la visite, entre la China Development Bank (CDB) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Les deux entités vont créer un fonds commun franco-chinois, doté au départ de 500 millions d'euros, pour permettre des investissements croisés dans des PME.
"C'est une relation de long terme que nous instaurons" a précisé le patron de la Caisse des dépôts, Augustin de Romanet. Cette phrase semble pouvoir tout autant s'appliquer à la relation sino-française dans son ensemble.
La visite de Christine Lagarde n'est en effet en rien une fin en soi mais plutôt le début d'échanges de haut niveau entre les deux pays : une mission d'achat chinoise emmenée par le ministre du Commerce et 90 patrons chinois se rendra en France à la fin novembre, alors que le mois suivant, c'est François Fillon, le Premier ministre français, qui se rendra dans l'Empire du milieu.
Et selon André Chieng, invité la semaine passée dans Chine Hebdo (voir le podcast lié à cet article), une visite du président français Nicolas Sarkozy en Chine, ainsi qu'une autre de son homologue Hu Jintao en France, pourraient avoir lieu en 2010.

