ChiNext, le Nasdaq made in China ?
La Chine a inauguré vendredi dernier son nouveau compartiment boursier, ChiNext, basé à Shenzhen et pensé sur le modèle du Nasdaq américain. La place va lancer ses activités le 30 octobre, et susciter l'intérêt des observateurs, qui attendent de voir si elle pourra réellement aider les PME chinoises...
Un projet longtemps repoussé
Selon CCTV, cela faisait dix ans que le projet était dans les cartons. Selon Thibaud Voïta, interviewé dans l'émission Chine Hebdo du samedi 24 octobre, la place financière avait même été proche de voir le jour entre 2004 et 2005.
Depuis un certain temps donc, la Chine et surtout Shenzhen voulaient lancer ce marché inspiré du Nasdaq américain et destiné aux entreprises à forte croissance. Jusqu`à présent, le sujet avait fait débat dans l'administration chinoise et avait été successivement annulé puis continuellement repoussé en raison des soucis boursiers chinois puis de la crise économique mondiale.
L'inauguration officielle de ChiNext le 23 octobre 2009 est donc un événement de première importance. Ce nouveau marché boursier doit répondre à un besoin pressant de l'économie chinoise : soutenir les jeunes entreprises à fortes croissances, en particulier dans le domaine de l'innovation.
Plus de risques que sur le tableau principal
Les PME chinoises ont énormément de difficultés à accéder à des financements bancaires et sont ainsi obligées de réunir des fonds propres pour assumer leur éventuelle croissance. ChiNext doit leur faciliter l'accès à d'importantes liquidités et ainsi éviter que leur croissance ne soit freinée.
Si le nouveau compartiment boursier suscite de l'enthousiasme, il est l'objet de certaines craintes également, comme celle d'une importante spéculation : "J'espère que les entreprises cotées sur le Chinext se plieront aux règles du marché. Je veux aussi rappeler aux investisseurs qu'ils courent plus de risques sur le Chinext que sur le tableau principal. J'espère qu'ils feront des investissements rationnels" a ainsi indiqué vendredi Shang Fulin, président de la Commission de régulation des titres en Chine.
Vingt-huit entreprises triées sur le volet
Afin de limiter ces dangers, les entreprises candidates pour intégrer la nouvelle institution boursière ont été triées sur le volet : 28 sociétés chinoises feront partie du premier groupe introduit à ChiNext, alors que l'on compte officiellement plus de 150 prétendants...
Condition pour faire partie des heureux élus ? Avoir fait un bénéfice net d'au moins 1 million d'euros sur les deux années précédentes tout en ayant un minimum de 2 millions d'euros d'actifs, ce qui est bien moins exigeant que pour les autres places chinoises, mais plus que pour le Nasdaq américain.
Pour éviter que le marché ne s'enflamme le premier jour où ChiNext va ouvrir, le 30 octobre, les transactions seront d'ailleurs bloquées si les ventes ou achats dépassent de 80% la valeur initiale des actions concernées.
Autant dire que ChiNext suscite énormément d'attentes en tant que nouvelle étape de la libéralisation économique chinoise, mais n'engendre pas moins d'interrogations quant à son efficacité : il sera bon de faire un premier bilan d'ici quelques mois pour réellement savoir où on va...

