Demandez à Peter - interviews Radio86
Cette semaine, Radio86 entame une série de reportages avec Peter Koveos, présentateur de Radio Chine Internationale. À 34 ans, ce natif de Vancouver, au Canada, est arrivé à Pékin juste avant les Jeux Olympiques et s'occupe désormais d'un programme de radio quotidien intitulé “Au-delà de Pékin”. Si vous voulez savoir quelque chose concernant la Chine, demandez-le simplement à Pete!
R86: Peter, pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs et nous dire comment vous avez atterri en Chine?
Peter Koveos: “Je suis arrivé ici une semaine avant les Jeux Olympiques et il y avait un besoin d'aide de la part des gens de RCI. J'ai une expérience à la fois dans le domaine journalistique et sportif, ils m'ont contacté. J'ai des amis, avec qui j'avais travaillé à Vancouver, qui sont maintenant ici pour la radio, j'ai donc pensé que je pouvais le faire et m'installer durablement en Chine. Depuis que je suis ici, j'apprécie chaque minute.”
Est-ce que vous aviez pensé, auparavant, à venir en Chine?
“Effectivement, j'y avais pensé. Avant d'être embauché ici, j'avais rendu visite à quelques amis qui sont ici depuis quelques années, ils m'ont mis l'eau à la bouche, en quelque sorte. Chez moi, je ne faisais pas ce que j'avais envie de faire. Je crois que nous nous sommes tous retrouvés un jour dans cette situation et que nous nous sommes tous dit 'J'ai besoin de changement,' alors j'ai cherché à obtenir du changement. Mes amis m'ont alors dit qu'il y'avait de bonnes opportunités en Chine, que les Jeux arrivaient bientôt et qu'avec ma culture et mes antécédents dans le domaine du sport, j'arriverai bien à trouver quelque chose. J'ai donc commencé mes recherches mais je n'ai rien trouvé jusqu'à cette opportunité une semaine avant les Jeux.”
Comment avez-vous vécu la transition?
“Tout s'est très bien passé. Le plus difficile a, en fait, été de réussir à être présent en juillet, quand RCI avait besoin de moi. Partir n'est pas aussi simple que cela, vous avez besoin d'un visa et de l'approbation du gouvernement. J'imagine de plus qu' à l'époque des Jeux, beaucoup de monde voulait le faire également et que ce n'était pas si simple. J'ai toutefois réussi à arriver juste à temps.”
Et sur un plan plus personnel?
“La transition s'est effectuée facilement car j'ai des amis ici, des gens avec qui j'ai travaillé, des camarades de classe, des gens avec qui j'ai fait mes études universitaires, la transition a donc été facilitée. J'étais venu à Pékin une année auparavant, j'avais donc une petite connaissance de la ville et je savais m'y orienter par exemple. J'avais joué au touriste déjà, la grande muraille, la place Tian'anmen et ce genre de choses. Je n'avais donc plus qu'à y aller et commencer à travailler, mon réseau était déjà en partie constitué, avec mes amis, tout a été relativement aisé et je sais que je constitue une exception.”
En quoi consiste votre travail à RCI?
“J'anime une émission appelée Au delà de Pékin. Nous faisons beaucoup de reportages sur la culture chinoise. Je sais que c'est un sujet assez vague. Nous traitons des gens qui font l'actualité en Chine ou de Chinois qui vivent à l'étranger. Nous parcourons le pays en faisant des reportages sur des festivals ou des choses dans le genre. Nous donnons quelques conseils pour des voyageurs (où aller sur Hong Kong ou Shanghai, par exemple). Nous diffusons de la musique et nous parlons de manière générale de tout ce qui a trait à la culture chinoise. Ils essayent d'ailleurs de m'apprendre le mandarin ici, ils m'enseignent une ou deux phrases par jour, dont je ne me souviens pas tout le temps au demeurant, mais j'essaye. Ce n'est pas une langue facile. Je parle un peu le grec car mes parents sont grecs, je peux donc me débrouiller en grec et en anglais. Le plus difficile dans le mandarin est la grammaire, je ne suis pas habitué... Quand je traduis, cela n'a aucun sens pour moi, l'ordre des mots me paraît incorrect, mais ça rentre petit à petit... La plus grande difficulté est. pour moi, les intonations, il y'en a quatre, ce qui veut dire que le même mot peut être prononcé de quatre façons différentes et avoir quatre significations différentes. C'est très subtil, tout le monde ne peut pas le comprendre. J'ai moi-même beaucoup de difficultés à saisir les nuances et les subtilités simplement en écoutant les prononciations.”
Parlez-nous un peu plus de votre expérience personnelle. Avez-vous déjà vécu à l'étranger auparavant?
“Non, je n'ai jamais vécu à l'étranger auparavant. Je suis né à Vancouver et j'ai grandi dans sa banlieue. Avant de venir ici, j'ai passé l'essentiel de ma vie dans cette ville de l'ouest du Canada. J'avais voyagé un petit peu, en Grèce, bien entendu, pour rendre visite à ma famille, de nombreuses fois aux États-Unis ainsi qu'à Cuba et au Mexique. Maintenant que je suis ici, j'ai envie d'en découvrir un peu plus, si d'aventure une autre opportunité se présentait à moi, je l'étudierai sérieusement. 2010 est peut-être une option. Je serai aux Jeux Olympiques d'hiver de Vancouver en 2010, très certainement en tant que pigiste à mon compte. Il existe des opportunités partout à travers le monde.”
Appréciez-vous Pékin?
“Oui, énormément. Vancouver est une petite ville à l'échelle mondiale. Y vivent à peu près 2 millions de gens alors qu'à Pékin on compte 16 millions d'habitants, il y'a tellement plus de choses à faire. Comparée à Vancouver, Pékin possède une histoire riche dans la mesure où la capitale chinoise est bien plus ancienne. Et pour moi, tout est nouveau ici. J'ai grandi à Vancouver, je sais quoi y faire et où aller alors qu'ici je découvre chaque jour un peu plus, je profite pleinement de cet état de fait.”
De quels sujets avez-vous récemment parlé dans votre émission?
“Nous avons, chaque jour, le sujet du jour, et aujourd'hui nous avons parlé du grand-prix de Formule un de Shanghai. Récemment j'ai été envoyé à Harbin, au nord du pays. J'ai couvert le festival de la glace et de l'hiver qui est l'un des plus importants au monde. Chaque jour est différent. Hier, nous avons parlé d'un monsieur qui a formé son propre orchestre qui ne joue qu'avec des instruments en bambou. Avec une population d'un milliard de personnes, nous avons un milliard d'histoires à raconter.”

