Avec Volvo, Geely veut entrer dans la cour des grands
Conclu le dimanche 28 mars 2010, le rachat de Volvo par le Chinois Geely a quelque chose d'historique : plus importante acquisition chinoise à l'étranger, cette opération marque une nouvelle étape dans l'évolution du marché automobile. Après être devenu le premier marché mondial en 2009, la Chine va s'attaquer au segment haut de gamme...
L'affaire était dans les tuyaux depuis octobre 2009, elle s'est concrétisée dimanche 28 mars 2010 : la marque suédois Volvo passe aux mains du Chinois Geely. Ce dernier a accepté de verser les 1,8 milliards de dollars réclamés par l'Américain Ford, qui avait dépensé le triple en 1969 pour la même acquisition.
Depuis il est vrai, de l'eau a coulé sous les ponts, et la crise économique a accéléré certaines tendances comme la montée en puissance chinoise : l'Empire du milieu est devenu le premier marché automobile en 2009 devant les États-Unis, et les entreprises chinoises ont toujours plus de pouvoir financier...
Aujourd'hui, faut-il voir dans ce rachat de Volvo par Geely le début d'une emprise totale de la Chine sur le secteur ? Que va devenir Volvo ?
La marque suédois ne devrait pas avoir à se plaindre à court et moyen termes : les usines en Suède et Belgique vont être conservés (ce qui explique l'accord des syndicats dans l'opération) et 900 millions de dollars vont être injectés dans le capital pour aider Volvo à renouer avec les bénéfices...
Une usine serait d'ailleurs prévue d'être construite dans les environs de Pékin pour produire annuellement 300 000 véhicules destinés au marché chinois.
Pour Geely finalement, l'acquisition de Volvo n'apparaît que comme une étape. Une étape pour apprendre technologiquement, et ainsi faire un bond en avant qualitatif : le groupe fait du bas de gamme et ses modèles ne passent pas les crash tests aux États-Unis, un autre aurait été baptisé «voiture de la mort» en Russie...
Volvo, c'est également une porte d'entrée instantanée vers le marché du haut de gamme, dominé par Audi, BMW et autres... Ce segment est particulièrement intéressant en Chine, où il se développe très vite, et où la demande gouvernementale pourrait être un premier pilier de développement.
Pour beaucoup d'observateurs, Geely devra faire en sorte de bien dissocier l'image des deux marques afin de réussir son pari. Ce que le patron du groupe chinois, Li Shufu, semble décidé à faire : "Volvo va garder ses caractéristiques et continuera à se développer dans le secteur du luxe. A l'avenir, les relations entre Geely et Volvo seront celles de frères, non celles de père à son fils. Les deux marques se soutiendront et se respecteront".

