Les conditions de travail sous les feux des caméras
C'est principalement grâce à son énorme réserve de main-d’œuvre à bas coût que la Chine a obtenu le surnom "d'usine du monde". Alors que les consommateurs que nous sommes profitent pleinement de produits moins chers, quelles sont les conséquences, ou plutôt les origines, sur les conditions de vie des ouvriers qui fabriquent ces produits ?
C'est un nouveau scandale qui éclate en Chine. Plus que de la simple corruption, cette fois le résultat n'est pas l'obtention d'un contrat juteux, ni même un détournement de fonds. Depuis deux semaines, la Chine porte est sous les feux des médias pour l'exploitation d'êtres humains dans des briqueteries, dont une bonne part des "esclaves" était des enfants.
Obligées de réagir, les hautes instances chinoises, tels le président Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, appellent à ce que soient sévèrement punis ceux qui ont exploité ou couverts de tels agissements.
Le sujet a été repris dans tous les médias de la planète et les médias locaux ne cessent depuis de publier des articles sur de nouveaux démantèlements d'usines qui pratiquent cette forme d'esclavagisme, à la fois en dénonçant certains membres locaux du parti, à la fois soutenant le pouvoir central dans sa volonté d'afficher ses intentions de nettoyer le parti de membres corrompus.
Un article de l'agence de presse officielle chinoise, Xinhua, paraît presque tous les jours depuis deux semaines sur le sujet. Le dernier en date mentionne que ce serait quelque 450 "esclaves" qui auraient été libérés par les policiers. D'autres articles de cette presse chinoise soulignent que de telles pratiques ne sont pas propres qu'aux provinces du Shanxi et du Henan.
Le China Daily et CRI se penchent de plus près sur les conditions de travail en général en Chine, et particulièrement sur celles de migrants, une tranche de la classe ouvrière vulnérable et le plus en clin à être exploitée. Le premier de ces médias revient sur la fédération syndicale qui scande protéger les travailleurs, le deuxième sur la loi qui met en avant les droits des ouvriers sur les intérêts des entreprises étrangères.
En France, le journal Le Monde décrit, en plusieurs articles, quelles étaient les conditions de vie effroyables de ces travailleurs et présente comment Pékin réagit à ce scandale.
Parce que de nombreux enfants, la plupart du temps enlevés à leur famille, ont été retrouvés dans ces briqueteries, il est impossible de dissocier ce sujet de l'autre scandale touchant la main-d’œuvre en Chine : celui de l'utilisation de main-d’œuvre infantile dans la production de produits de merchandising des Jeux Olympiques 2008 sur lequel le Yord, Pays-Bas, écrit.
Les conditions de travail des ouvriers en Chine sont en pleine mutation, mais le gouvernement chinois parviendra-t-il à atteindre la société harmonieuse qu'il promet ? Et nous sommes nous prêts à payer plus chers les produits fabriqués dans ce pays?

