Goliath vs Goliath?
Le 12 janvier, le géant de l'internet Google a annoncé qu'il considérait la possibilité de se retirer du marché chinois après avoir été victime de cyber-attaques venant de Chine. Se posant comme défenseur de la liberté d'expression, Google affirme refuser de poursuivre la censure sur son moteur de recherche chinois, cela quitte à devoir se retirer du plus gros marché internet au monde. Mais Google quittera-t-il réellement la Chine?
Le responsable juridique de Google, David Drummond, a annoncé la décision de son entreprise sur le blog officiel de Google. Parmi les questions soulevées par Google, Drummond a mentionné que les comptes Gmail de défenseurs des droits de l'Homme ont été piratés permettant à une partie tiers à accéder au contenu. Les cadres américains de l'entreprise ont ensuite pris la décision de mettre un terme aux filtres mis en place sur le ma version chinoise du moteur de recherche, quitte à devoir renoncer à ses activités en Chine.
Cette semaine, Google, qui mène actuellement une enquête interne au sein de son personnel, a indiqué que les comptes Gmail d'au moins deux journalistes étrangers en chine ont été piraté afin que tous les emails envoyés soient également envoyés à une adresse inconnue.
De son côté, le gouvernement chinois insiste que Google n'aura pas droit à une exception et doit se conformer aux lois chinoises. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu a indiqué que la Chine aussi était la cible de cyber-attaques, ont rapporté les médias officiels chinois. Selon un autre porte-parole du gouvernement chinois cité par Chine Nouvelle, l'internet en Chine est "ouvert".
Mais le différend entre Google et le gouvernement chinois a également pris une tournure diplomatique entre Washington et Pékin. Le Washington Post indique que cette affaire intervient à un moment où les États-Unis tentent de construire des relations plus étroites avec la Chine. Washington, par la voix d'Hillary Clinton, a demandé à Pékin des explications précises sur l'affaire, ont rapporté de nombreux médias. Le journal Le Monde présente aussi les dernières déclarations de la secrétaire d'État américaine qui menace à demi-mot la Chine. "Les personnes et les pays qui lancent des cyberattaques devront en subir les conséquences", a dit Hillary Clinton.
Il n'y a aucune certitude sur la volonté réelle de Google de quitter le marché chinois dans le cas où Pékin ne cède pas aux pressions américaines. Dans une article de France24, alors que de nombreux défenseurs des droits de l'Homme saluent la position de Google, certains comme Evgeny Morozov, enseignant à l'Université de Georgetown à Washington et éditorialiste au magazine Foreign Policy, émettent des doutes quant à la sincérité de Google et affirme qu'il ne pourrait s'agir que d'une politique de de communication de l'entreprise américaine

