Chine-Allemagne: Angela Merkel change de ton
Droit de l’homme, environnement, droit de la propriété intellectuelle, ou encore affaire des logiciels espions chinois : Angela Merkel a décidé d’aborder toutes les questions, y compris celles qui fâchent lors de sa deuxième tournée en Chine. Le franc-parler de la chancelière allemande a été qualifié de "véritable rupture" avec celle de ses prédécesseurs comme le souligne RFI . Selon Jean-Jacques Mével du quotidien Le Figaro , "la page paraît finalement tournée des visites-VRP qui furent la marque des relations sino-allemandes dans l'ère Schröder".
"Les relations économiques sont une chose, mais il reste beaucoup de travail à faire dans d'autres domaines, (...) comme les droits de l'homme, la protection de la propriété intellectuelle et le réchauffement climatique." Angela Merkel
Franc-parler sur la question des droits de l'homme et de l'environnement
Sur la question des droits de l’homme, Angela Merkel a déclaré à la presse après son entretien avec Hu Jinto qu’elle avait abordé la question avec les dirigeants chinois. "J'ai spécialement insisté sur le fait qu'avec les prochains jeux Olympiques, le monde regarderait la Chine de près"a t-elle ajouté. Mais la chancelière ne s’est pas arrêtée aux seuls dirigeants politiques pour évoquer la sensible questions des droits de l’homme en Chine. Elle a également rencontré des membres de la société civile, des écrivains et des journalistes chinois, pour parler notamment de la liberté d’expression. " Mme Merkel a souhaité rencontrer en marge de sa visite plusieurs intellectuels chinois tels Li Datong, l'ex-rédacteur en chef de Bing Dian, une publication au ton incisif reprise en main en 2006 par les autorités" apprend-on dans le quotidien Le Monde. "La question des droits de l'homme est, de notre point de vue, vital" a déclaré Angela Merkel, lors de son discours devant l’Académiie des Sciences sociales à Pékin. Autre cheval de bataille: l’environnement. La Chine est aujourd’hui le deuxième pays émetteur de CO2 et Angela Merkel a appelé Pékin à tenir ses engagements sur les émissions nocives. Le Premier ministre chinois s’est pourtant montré très prudent : "Il sera extrêmement difficile de tenir (nos) objectifs, a répondu Wen Jiabao. Nous avons déjà montré notre détermination."
Intensifier les échanges économiques
Mais derrière ces rappels à l’ordre perce également l’inquiétude allemande face au poids grandissant de la Chine. La Chine pourrait dès cette année détrôner l’Allemagne de sa place de troisième puissance économique mondiale. Si la Chine est le premier partenaire commercial de l’Allemagne en Asie, "un lourd déficit, de 21,3 milliards d'euros, constitue une épine dans le pied du champion mondial de l'exportation" selon le quotidien Les Echos. Pour Angela Merkel, cette visite chinoise a donc pour objectif également d’intensifier les échanges économiques avec la Chine, comme en témoigne la délégation de 25 industriels qui l’a accompagnée. Mais alors que l’année dernière, lors de la première visite en @chine d'Angela Merkel, les deux pays avaient signé des dizaines de contrats, cette fois-ci la chancelière allemande n’a rapporté dans ses bagages que trois contrats. Selon RFI, un contrat a été signé par ThyssenKrupp Technologies et les autres accords portent sur une coopération dans l'énergie et les technologies relatives à l'environnement. "Le fabricant de machines-outils MAN, qui espérait finaliser la création d'une joint-venture avec le groupe chinois Weichai, est revenu bredouille. La signature du contrat -de près de 1,5 milliard d'euros- est suspendu au feu vert des autorités provinciales du Shandong, où devrait s'établir l'usine" souligne la version française du quotidien Die Deutsche Well.

