Tigre de Chine méridionale (Image: Beijing information)21.11.2007, 09:09 GMT
Les fonctionnaires d’État ainsi que les experts recommandent de saisir pleinement cette occasion afin de dévoiler l’ensemble des programmes de protection et de créer des réserves naturelles pour les tigres sauvages.
Cette espèce que l’on estimait disparue à l’état sauvage depuis les vingt dernières années, a récemment fait son apparition suite à la publication en ligne de la photographie numérique par un fermier de la province du Shaanxi au nord-ouest du pays, censée attester de la survie de l’animal. Ces photographies ont ravivé les flammes de la controverse concernant l’authenticité des photographies en ligne, cependant les fonctionnaires d’État ainsi que les experts recommandent de saisir pleinement cette occasion afin de dévoiler l’ensemble des programmes de protection et de créer des réserves naturelles pour les tigres sauvages.
Une petite photographie à l’origine d’une forte agitation
La photographie numérique, qui prétend représenter un tigre sauvage accroupi dans des buissons verdoyants, fut remise par l’Office provincial des forêts du Shaanxi lors d’une conférence de presse, le 12 octobre.
Zhou Zhenglong, fermier et chasseur occasionnel âgé de 52 ans, originaire de la ville de Chengguan dans le bourg de Zhenping, avait pris 71 photographies du « tigre » avec un appareil de photographie numérique le 3 octobre au cours de l’après-midi, avait déclaré un porte-parole de l’Office, lors d’une conférence de presse.
Le lendemain, un nouveau sujet sur un forum en ligne avait fait part d’une forte méfiance quant à son authenticité, selon l’agence de presse Xinhua, et depuis lors cela a ravivé les braises du débat relatif à ce sujet.
Certains participants avançaient le fait que si la photographie était bien réelle, l’animal n’en était pas pour autant un véritable tigre de Chine méridionale, en précisant que « c’était probablement un montage effectué à partir d’une autre photographie ». D’autres avaient tiré la conclusion que « la photo elle-même relevait du canular car les dimensions du tigre ainsi que celle des feuilles environnantes ne respectaient pas une véritable échelle ».
Certains observateurs avaient également relevé le fait qu’un tigre nécessite un espace vital de 20 kilomètres carrés pour son habitat. Le bourg de Zhenping possède une réserve de tigres qui s’étend sur 140 kilomètres carrés, ainsi, dans l’éventualité de leur présence sur ce territoire, elle serait limitée à une petite communauté.
Etudes sur la présence du tigre
Les tigres sont des animaux solitaires qui se méfient de la présence des êtres humains, le fait que M. Zhou ait repéré le même tigre deux jours à la suite dépasserait donc l’entendement, selon ses détracteurs.
Ils ont également mis en évidence que les tigres sont des animaux très vigilants. Lorsqu’ils aperçoivent des animaux inconnus, leur première réaction sera de se tapir contre le sol afin de se préparer à attaquer ou à fuir ; cependant les photos de Zhou Zhenglong ne représentent pas le tigre dans cette position.
La réponse du gouvernement local
L’Office des forêts de la province du Shaanxi a été outré par cette controverse inattendue que ces clichés ont déclenché, d’après Xinhua. Cette question est devenue d’autant plus énigmatique à la suite des explications contradictoires de l’intéressé.
Il a reconnu n’avoir remis que deux photographies numériques à l’Office des forêts, et a indiqué que celles-ci « n’étaient pas les plus distinctes »
Zhou avait reçu 20 000 yuans (1 836 €) des services de l’Office des forêts du Shaanxi, en tant que récompense pour avoir localisé un tigre sauvage. Néanmoins, ne négligeant pas le fait qu’une nouvelle occasion de récompense de la part des autorités se présente, Zhou refusa de partager ses premiers clichés avec des journalistes ou toute autre personne.
Zhu Julong, directeur adjoint de l’Office provincial des forêts : « Zhou Zhenglong a risqué sa vie pour obtenir ces images, elles ont donc une très grande valeur. Nous avons fait preuve de prudence et de responsabilité lors du choix de leur publication. »
Zhu a également précisé que Zhou n’était pas un photographe professionnel et qu’il a dû prendre ses photos dans un grand affolement dû à la proximité du tigre, ce qui expliquerait le caractère flou de grand nombre de ces photographies.
À la même période, Sun Chengqian, directeur adjoint de l’Office à l’échelle nationale avait déclaré : « Des experts de la faune sauvage et de la photographie, à qui nous avons confié l’examen des pièces en question ont prouvé l’authenticité de ces clichés », tandis que Guan Ke, un fonctionnaire du service de documentation de l’Office, a indiqué qu’il estimait que ces photographies étaient authentiques, se référant à son expérience de photographe de la faune sauvage dans la province depuis de nombreuses années.
Le service avait fondé en 2006 une équipe de recherche forte de 30 membres, qui avait effectué une mission de reconnaissance dans la province de Zhenping en juin, l’année dernière. Celle-ci avait rapporté le fait que les villageois avaient aperçu les tigres de Chine méridionale à 19 reprises et avaient entendu leur rugissement au moins durant six occasions, des affirmations qui n’ont pu être corroborées.
Ils avaient également décelé des traces de pas, d’excréments, de poils, et de dents durant leur étude, ce qui les avait portés à croire que l’espèce existait encore à l’état sauvage. L’Office des forêts a également interdit la chasse aux alentours de la montagne et mis en place des points de contrôle sur les entrées principales de la zone afin d’éviter les passages non contrôlés et protéger les espèces menacées ainsi que leur habitat.
Réponse académique
« Nous n’avions pas imaginé qu’un seul cliché puisse provoquer de tels remous », a confié Deng Xuejian, professeur à l’Université normale du Hunan. « Que celle-ci soit véridique ou qu’elle ait fait l’objet d’un montage, elle a en tout cas réveillé l’intérêt de la population pour la protection du tigre de Chine méridionale. Nous devrions profiter de cette occasion pour établir un plan général de protection et consacrer nos efforts à la création d’une réserve naturelle dans les zones environnantes de la montagne ».
Xu Taoqing, chercheur à l’Institut provincial d’Études Animales de la province du Shaanxi, a précisé qu’il serait « tout simplement peu plausible » que Zhou ait amené soit un « tigre de papier » ou un tigre authentique, domestiqué, dans la montagne afin de maquiller une photographie, car ce lieu se situe à six heures de marche de la localité de Zhenping.
Huang Gongqing, spécialiste travaillant pour l’organisation pour la Reproduction des Tigres de Chine méridionale, basée à Suzhou, a exprimé que peu importait si ces clichés étaient véritables ou non, en ajoutant : « Si moins de 100 représentants de cette espèce survivent, leur reproduction est alors par nature impossible ». Huang ainsi que ses auxiliaires ont été à l’avant garde de la reproduction artificielle des tigres de Chine méridionale. Parmi les 57 tigres vivant dans les zoos du pays, 30 sont nés au zoo de Suzhou.
Bien que l’authenticité de la photographie du tigre de Chine méridionale reste discutable, le magazine étasunien Science l’a néanmoins utilisée dans sa dernière édition a précisé l’agence Xinhua le 9 novembre. Le magazine a également cité Gary Koehler du Bureau de protection de la faune marine et des animaux sauvages de la Maison Blanche, qui avait déclaré « ces nouvelles sont véritablement réjouissantes, si celles-ci peuvent être attestées de manière officielle ».
Cependant, l’un des dirigeants de l’équipe de rédaction a précisé que cette initiative ne signifiait pas pour autant que le personnel jugeait le cliché comme authentique, car de nombreux doutes persistaient à cet égard. Toutefois, en fin de compte, le magazine a voulu communiquer son enthousiasme quant à l’éventuelle « réapparition » de l’espèce et son espoir quant à l’existence des tigres de Chine méridionale à notre époque, selon China Central Television (CCTV).
Réponse du gouvernement central
L’Office national des forêts a tenu une conférence de presse le 8 novembre, où elle a expliqué que « l’existence d’un seul tigre n’implique pas nécessairement la présence d’une communauté de tigres ».
Cao Qingyao, le porte-parole de l’administration a annoncé qu’une équipe de spécialistes serait envoyée dans le Shaanxi incessamment sous peu afin d’effectuer des recherches dans un rayon de 1 000 km². Néanmoins, ce dernier n’a pas précisé si celle-ci était motivée par l’authentification des photographies.
« Le débat en ligne témoigne du nombre croissant de personnes qui se préoccupent des questions d’environnement, telles que les conditions de vie et de santé des animaux sauvages », a confié Cao. « Si ces faits s’étaient produits il y a 20 ans, pas une personne ne se saurait intéressée à une photographie de tigre, ou au tigre en lui-même. »
L’administration a organisé une recherche à l’échelle nationale en 1999 qui a permis de mettre en lumière la présence de tigres vivants dans 48 sites, mais n’a pas établi de recensement précis. Jusqu’à présent, ce service a créé six réserves naturelles dans le pays afin de protéger les tigres de Chine méridionale.
Cao a vivement déconseillé à la population de participer à des traques de tigres « car dans certaines zones, des récompenses sont offertes à ceux qui rapportent des clichés de tigres, je dois toutefois vous rappeler que vous ne devez pas les déranger dans leur vie quotidienne et prendre le risque de photographier des animaux dangereux au péril de votre vie. »
Les tigres sauvages luttent contre leur disparition en Chine
Une « liste noire » publiée en 1996 par l’Union Internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (IUCN) faisait état du fait que seuls 6 000 tigres sauvages existaient encore en Asie et en Russie orientale, alors qu’ils étaient 100 000 au début du vingtième siècle, selon le Quotidien du Peuple. Toutes les sous-espèces de tigre sont également menacées, et notamment le tigre de Chine méridionale.
Des statistiques recueillies par l’agence Xinhua montrent qu’il restait environ 4 000 tigres de Chine méridionale durant les années 1950. L’on estime actuellement qu’il ne reste que 30 représentants de cette espèce vivant à l’état sauvage, alors qu’ils sont près de 60 à vivre en captivité. Avant la publication de ces photographies sujettes à controverses, aucun tigre de Chine méridionale n’avait été aperçu depuis octobre 1986, bien que des sources locales aient rapporté avoir entendu des rugissements, ou avoir décelé des empreintes, des poils ou des dents.
Au cours des dernières décennies, le gouvernement chinois a renforcé sans relâche les lois de protection de la faune sauvage du pays afin de garantir l’existence de nombreuses espèces et d’améliorer leur soin. La Loi de Protection de la Flore et de la Faune Sauvage a été adoptée en 1988, et des articles supplémentaires concernant les sanctions envers le braconnage et la contrebande d’animaux sauvages relevant de la protection d’État ont été ajoutés au Code pénal en 1996.
Un plan général s’étendant à la flore et la faune sauvage a été publié en 2002, stipulant que les animaux sauvages sont propriétés de l’État et les tigres de Chine méridionale furent placés sur la liste de priorité de travail des autorités.
Le gouvernement a également placés les tigres nés en captivité en tête de sa liste, mais de plus en plus d’entreprises privées exercent des activités de domestication et de reproduction d’animaux, c’est pourquoi des règles spécifiques de propriété devraient être émises dans un vocabulaire juridique plus précis, a souligné le magazine Weekend, originaire de Nanjing.
La coopération internationale permet également de participer à la protection de l’espèce. Depuis septembre 2003, cinq tigres de Chine méridionale ont été envoyés en Afrique du Sud dans une réserve de 33 000 hectares (un a disparu il y a deux ans). Ceci est motivé par l’idée que les tigres se reproduisent et qu’ils acquièrent petit à petit leurs facultés de chasse dans un environnement sauvage avant de regagner leur habitat traditionnel en Chine.
Source: China.org.
A book about China's rare wild mammals, birds, amphibians and reptiles which are under first- and second-grade state protection. The physical features, distribution and habits of each species are described in language ac...
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