Sommet Chine-États-Unis : les deux géants (presque) sur la même longueur d'ondes
Lundi 24 et mardi 25 mai se tenaient à Pékin le second Dialogue stratégique et économique entre la Chine et les États-Unis. Ce sommet entre les deux géants, autant rivaux que partenaires, a été marqué par la venue d'une délégation américaine record et quelques dossiers chauds : Corée du nord, Iran ou encore le yuan...
Corée du nord
Sur le dossier nord-coréen, entré dans une phase critique avec le torpillage d'un navire de guerre sud-coréen par l'armée du Nord, Washington et Pékin semblent penser la même chose. Malheureusement, les deux pays communiquent et agissent différemment.
Les dirigeants chinois n'ont pas forcément une meilleure opinion de leurs homologues nord-coréens que les Américains. Néanmoins, la situation actuelle, à savoir un régime marginal à Pyongyang, donne du poids à la diplomatie chinoise sur la scène internationale. On peut donc comprendre que la Chine prône régulièrement le statut-quo et le dialogue. Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'existe pas une limite que le régime nord-coréen ne puisse franchir.
Surtout que les Américains font pression pour que la Chine accepte de condamner et punir son allié traditionnel. L'idéal pour Pékin serait de ramener Pyongyang à une attitude raisonnable, en usant principalement de promesses d'investissements dans l'économie nord-coréenne.
Iran
Concernant le programme nucléaire iranien, Washington a peut être gagné du terrain grâce au Brésil et à la Turquie : Pékin a en effet très mal accepté l'accord tripartite d'échange d'uranium signé entre Brasilia, Ankara et Téhéran.
Jusqu'ici, les dirigeants chinois se plaisaient à se placer comme les seuls vrais défenseurs de l'Iran sur ce dossier, ce qui comportaient de nombreux avantages. Aujpurd'hui, Pékin estime que l'accord signé ne résout pas le fond du problème -à savoir si le programme nucléaire iranien a des motivations civiles ou militaires- et la Chine, tout comme la Russie, pourrait se placer dans le sillage des États-Unis sur ce dossier.
Le cours du yuan
Outre les questions de stratégie internationale, l'autre dossier important de ce sommet Chine-États-Unis concernait le taux de change du yuan.
Les Chinois sont eux-même divisés sur le sujet : la majorité s'est longtemps rangée du côté des intérêts des exportateurs, et donc d'un yuan faible. La récente baisse de l'euro donne un argument de taille pour les «conservateurs ».
En évoquant ouvertement la possibilité d'une réévaluation sans fixer de date, la Chine ne renvoie pas poliment les Occidentaux dans les cordes. Elle montre plutôt qu'une appréciation sera envisagée quand la situation économique nationale et mondiale sera plus favorable.
L'importance de la délégation américaine
La venue d'une délégation américaine record, plus de 200 personnes, menée par la Secrétaire d'État Hillary Clinton et le Secrétaire du Trésor Timothy Geithner montre que la situation actuelle est propice au dialogue entre les deux pays.
Si le président Barack Obama, après sa première visite officielle en Chine, avait été mésestimé par le camp chinois, l'entrevue qu'il a accordé au Dalaï-lama malgré l'opposition de Pékin a montré une chose : le numéro un US n'est pas seulement une figure médiatique, il peut se montrer ferme et fort face à la Chine et son pouvoir économique.
Aujourd'hui, les deux administrations semblent d'être mutuellement évaluées et donc mieux se connaître, voire se respecter. D'où de bons espoirs de dialogues concrets et constructifs à l'avenir.

