Raffarin, l’interlocuteur privilégié de la Chine
Depuis sa première visite en Chine en 1976, Jean-Pierre Raffarin s’est progressivement imposé comme un acteur indispensable des relations sino-françaises. Ce statut, il l’a acquis grâce à un discours pragmatique et quelques coups d’éclat majeurs comme sa visite en 2003 en pleine épidémie de SRAS.
Jacques Chirac a été un président qui a su conforter les relations entre la France et la Chine, lors de son double mandat de 1995 à 2002. Mais l’ancien chef d’Etat français n’était visiblement pas le seul homme de son équipe à savoir parler à l’Empire du milieu.
Ceci est devenu flagrant depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy, moins connaisseur de la culture du géant asiatique que ne l’était son prédécesseur, et surtout pendant la crise diplomatique de 2008 liée aux émeutes tibétaines et aux menaces de boycott olympique du numéro un français.
A cette époque, Jean-Pierre Raffarin a été l’une des principales personnalités politiques françaises à défendre sans ambiguïté la relation sino-française. Au micro de Chine Hebdo, au plus fort du refroidissement diplomatique, il avait notamment insisté sur le besoin d’une vision pragmatique face à la Chine (“il faut aider la Chine mais ne pas lui donner de leçons”), tout en dénonçant ce qu’il qualifiait à l’époque d’hypocrisie ambiante : "Quand on a choisi Pékin pour les JO, la diplomatie était favorable et tout le monde savait que la Chine n’était pas un modèle de démocratie occidentale".
Vu de Chine, Jean-Pierre Raffarin n’a peut être pas la couverture médiatique et la célébrité dont jouit encore Jacques Chirac aujourd’hui, mais il est néanmoins perçu comme celui qui a su reconstruire la relation diplomatique entre la Chine et la France au plus fort de la tempête.
Il faut dire qu’il était alors l’homme idoine pour le faire, celui qui a gagné l’estime d’une partie du peuple chinois pour avoir visité le pays en 2003, en plein pic de l’épidémie de SRAS. Aujourd’hui, il est donc logique que ce soit lui qu’on appelle quand il s’agit de dialoguer avec les autorités chinoises ou d’aplanir les désaccords et les incompréhensions.

