Le Xinjiang, une province autonaume qui alimente les débats
Depuis le 4 août dernier, une vague d’attentats a secoué la province du Xinjiang. Cette province à majorité musulmane, peuplée d’Ouïghours, défraye la chronique. Trois attentats ont été perpétrés dans la province et sont attribués par Pékin à des groupes activistes musulmans.
Le 4 août, 16 policiers ont été tués et 16 autres blessés dans une attaque à la grenade et à l’arme blanche visant un poste de la police des frontières à Kashgar. Le 10 août, une autre attaque lancée contre un commissariat de police s'est soldée par la mort de dix assaillants et d'un garde de sécurité. Enfin le 12 août, un point de contrôle routier à Yamanya, à une trentaine de kilomètres de Kashgar, a été pris pour cible. Trois gardes de sécurité ont été assassinés à l’arme blanche et un quatrième a été blessé.
Les autorités chinoises ont cité le Parti islamique du Turkestan oriental (ETIM), une organisation islamiste séparatiste figurant sur la liste des organisations terroristes des Nations Unies, comme pouvant être impliquée dans l'action de Kashgar.
Olivier Guillard, directeur du département recherche Asie à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), nous parle des spécificités et des enjeux de cette province frontalière.
La province recouvre 1/6ème du territoire chinois (1.660.000 kilomètres carrés) , soit une superficie équivalente à trois fois la France. Elle représente un intérêt particulier pour Pékin en raison de la richesse de son sous-sol en hydro-carbures et sur un plan stratégique, le Xinjiang possède en effet des frontières avec l’Inde, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Asie centrale.
La population, majoritairement musulmane et turkophone se trouve davantage tournée vers l’Asie centrale. La différence avec la Chine des Hans est criante. Cette particularité est à la fois une richesse et un soucis pour Pékin en raison des véléités indépendantistes qui se font de plus en plus ressentir.
Olivier Guillard ne doute pas que les Jeux Olympiques constitueront le théâtre idéal pour des protestations, des manifestations, voire des actes de dissidence.

