L'Assemblé Populaire Nationale peut-elle rassurer la Chine sur ses capacités à maintenir croissance et stabilité?

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La semaine dernière se sont ouvertes à Pékin l’Assemblée Populaire Nationale (APN) et la Conférence Consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC). Rassemblant près de 3.000 délégués, ces réunions annuelles ne suscite qu'un faible intérêt de la population. Cette année pourtant, crise économique aidant, les Chinois s'intéressent plus que d'accoutumé au débats des parlementaires.
Avec Jean-Pierre Cabestan, directeur du département de sciences politiques à l’Université Jean Baptiste de Hong Kong; et Jean-Louis Rocca, directeur des ateliers franco-chinois en sciences sociales et professeur à l’Université Tsinghua à Pékin.
La grand-messe politique chinoise a débuté la semaine dernière à Pékin avec la présence dans la capitale de députés venant des quatre coin de la Chine, les régions administratives spéciales incluses.
Pourtant, les parlementaires présents à ces événements, présentés comme les plus importants événements politiques de l’année, n’ont que peu de pouvoirs réels - contrairement aux parlements occidentaux - et ne peut s’éloigner de la ligne de conduite dictée par le parti communiste. Un fait que ne démentent nullement les dirigeants chinois. Dans son allocution devant les parlementaires, Wu Bangguo, président du comité permanent de l’APN, et également un des plus hauts dignitaires du parti communiste chinois, a d’ailleurs rappelé les caractéristiques propres à la Chine qui font que l’Empire du Milieu ne sera jamais une démocratie selon le modèle occidentale.
Et si le président du Comité permanent de l’APN a tenu à différencier le rôle des parlementaires chinois avec celui des occidentaux qui sont, selon lui, trop soucieux de défendre les intérêts des partis politiques qu’ils représentent,les délégués chinois exercent quant à eux leurs devoirs et pouvoirs collectivement dans l’intérêt du peuple. Pourtant, ces délégués, officiellement élus par des assemblée d’échelon provincial, sont en réalité choisis par le parti communiste et représentent, selon Jean-Pierre Cabestan, les bureaucraties ou entreprises de leur province.
Mais si l’APN fait parfois l’objet de moquerie pour son manque de pouvoir d'initiative, la population y prête néanmoins un intérêt du fait du rôle de caisse de résonance des situations de chaque coin de Chine de cette assemblée. L’APN est dès lors le lieu d’expression d’un certains mécontentement populaire et peut permettre de pointer des problèmes dans certaines régions.
Avec la crise économique, cette édition 2009 de l’APN intéresse les Chinois. Ceux-ci désirent voir comment leurs délégués peuvent apporter des réponses aux questions urgentes posées par le contexte économique actuel et relancer l’économie. Les principales inquiétudes se portent sur le secteur de l’emploi alors que des millions de migrants craignent de perdre leur emploi et que des milliers de jeune diplômés craignent de ne pas trouver de travail. Ce secteur constitue dès lors une des préoccupations majeures des dirigeants. Dans son discours devant l’APN, le premier ministre Wen Jiabao a tenu a affiché sa confiance dans la capacité de la Chine à atteindre une croissance de 8%.
"Tant que nous adopterons des politiques justes et des mesures adéquates tout en assurant efficacement leur application, il sera tout à fait possible d'atteindre ces objectifs", avait soutenu la semaine dernière le chef du gouvernement devant les délégués.
Le seuil de 8% est considéré par Pékin comme le taux de croissance minimum permettant de garantir le plein emploi et donc une stabilité sociale. Nonobstant les vœux des dirigeants chinois, Jean-Pierre Cabestan rappelle que les dernières estimations du Fond Monétaire International (FMI), ne prévoient qu’une croissance de 6% pour 2009.
Les législateurs doivent trouver la solution pour permettre à la Chine de changer de paradigme économique. D’une économie tirée essentiellement par les exportations, la Chine doit pouvoir se muer en une économie dopper par la consommation. Et si on parle dans les couloirs du Grand Palais du Peuple d'une rallonge qui porterait les investissements du plan de relance à un total de 1.000 milliards de dollars, il n’est pas certain que ces investissements, essentiellement portés vers les infrastructures, ne poussent les Chinois à consommer.
