La stratégie internationale de la Chine déterminée par ses besoins en matières premières ?
La Chine est une grande consommatrice de matières premières, chose compréhensible au vu de sa taille et de sa forte croissance. Ses besoins impliquent des dépendances, qui influent sur la politique internationale de Pékin.
La Chine couvre plus de 80% de ses besoins énergétiques seule. A première vue, un tel chiffre laisse à penser que le pays n'est pas particulièrement dépendant du reste du monde quant à sa consommation de matières premières.
Mais de plus près le tableau est moins reluisant quand on sait que la majeure partie de ces besoins sont satisfaits grâce au charbon, énergie ô combien rudimentaire et polluante. Soucieuse de tendre vers la modernité, la Chine a donc besoin d'autres sources d'énergie.
Et là, sans surprise, Pékin se tourne principalement vers le Moyen-Orient, comme tout le monde pourrait-on dire. Mais la Chine, très dépendante de ces voies d'approvisionnement et de la stabilité régionale, cherche à diversifier ses sources.
Notamment en Afrique, depuis 2003 et l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis, au prix d'investissements massifs pour faire des gouvernements locaux des partenaires privilégiés, et aussi obtenir des concessions d'exploration...
Pékin est vu comme peu regardant des pays avec lesquels il s'associe, mais dans les faits, la course aux matières premières que se livrent les grands émergents ne lui laisse pas le choix.
Cependant, il ne faut pas voir dans ces besoins énergétiques la seule raison de la "tolérance" de la Chine envers certains régimes comme ceux de l'Iran ou du Soudan. Avec ce dernier, les relations sont anciennes (40 ans) et se traduisent par de profonds liens commerciaux.
D'autant plus que la Chine, notamment en construisant des infrastructures, consent à faire des choses que la plupart des pays occidentaux ne font pas dans les zones concernées. Telle est la Real Politik chinoise, orientée sur le long terme.
Celle-ci a notamment une faille importante : la Chine se situe à la limite du système international, cherchant avec opportunisme à contester autant que possible la suprématie américaine. Mais Pékin a dans le même temps un besoin important de voir ses rivaux, Etats-Unis et Union européenne, se maintenir en bonne santé car ils sont ses principaux clients.
Aujourd'hui, la Chine cherche à diminuer sa dépendance énergétique vis-à-vis de l'étranger, et développe ainsi sa propre production. L'attachement à certaines provinces riches en ressources comme le Xinjiang ou le Tibet est tout autant idéologique que nécessaire.

