La Chine plie un peu sur le dossier iranien
Longtemps opposée à toute idée de sanction contre l'Iran, la Chine a récemment revu ses positions et s'est déclarée ouverte à négocier dans le cadre de l'ONU. Comment s'explique le revirement chinois ? Quel rôle peut-on attendre de Pékin sur le dossier du nucléaire iranien ?
La relation "nucléaire" entre la Chine et l'Iran date des années 80, quand les deux États ont signé un traité de coopération ne s'achevant qu'à la fin de la décennie suivante, en partie en raison des pressions des États-Unis.
Depuis, les deux pays ne travaillent plus ensemble sur le domaine nucléaire, mais sont d'importants partenaires commerciaux : Téhéran est l'un des principaux fournisseurs en pétrole de Pékin, ce qui a toute son importance quand on connaît la forte dépendance énergétique du géant asiatique.
Si on ajoute à ce rapport privilégié le fait que Pékin défende une idéologie de non-ingérence dans les affaires internes des autres pays -afin de justifier son refus de voir d'autres pays s'ingérer dans les siennes- la position chinoise sur le dossier du nucléaire iranien n'a rien d'illogique.
Comment donc expliquer aujourd'hui que la Chine ouvre la porte à des sanctions économiques ?
En dépit des récentes tensions entre la Chine et les États-Unis (affaire Google, vente d'armes à Taïwan...), les deux pays sont des partenaires chaque jour un peu plus proches et interdépendants. Pékin n'a ainsi pas d'autre choix que de se ranger, en définitive, vers la position commune de la communauté internationale.
De ce fait, les autorités chinoises travaillent également leur image, celle d'un pays soucieux de respecter les équilibres mondiaux. Le récent changement de situation, plus qu'un changement de cap car la Chine devrait continuer à préserver l'Iran, est peut être le signe de divergences de positions dans les plus hauts niveaux de l'administration chinoise...

