Jacob Zuma en Chine : la ChinAfrique au zénith ?

Jacob Zuma en Chine : la ChinAfrique au zénith ?

Jacob Zuma aux côtés de Hu Jintao
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Jacob Zuma, était la semaine passée à Pékin où il a rencontré Hu Jintao. Le président sud-africain en Chine, c'est la rencontre entre la première économie d'Afrique et le nouveau géant mondial, devenu en quelques années le premier partenaire du continent noir. Peut-on parler d'apogée de la ChinAfrique ?

Des intérêts réciproques

Cette visite d'Etat de Jacob Zuma en Chine a des motivations multiples pour les deux parties. L'Afrique du sud souhaite clairement développer des relations forte avec le nouveau centre de gravité de l'économie et de la géopolitique mondiales. Surtout, la première puissance économique africaine veut s'arrimer au groupe des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) pour éventuellement en devenir la 5e branche.

Côté chinois, l'Afrique est une destination stratégique : la Chine a besoin des ressources énergétiques que ce continent possède en grandes quantités, ainsi que des voix africaines à l'ONU. Pour preuve, en 1971, ce sont les voix du continent noir qui ont permis à la Chine d'intégrer le Conseil de sécurité de l'ONU.

Le partenariat entre Pretoria et Pékin est à l'image de ce que fait la Chine avec tous ses "amis africains" : un échange gagnant/gagnant. La Chine soutient le développement économique du pays africain via la construction d'infrastructures et l'investissement dans des secteurs en difficultés comme la banque, la finance, tandis que l'Afrique du sud lui apporte un soutien précieux sur le plan géopolitique.

Celui-ci est prépondérant pour Pékin lors des grands sommets internationaux -Copenhague en 2009 en est le dernier exemple- lorsqu'il est considéré à l'échelle continentale.

Les alliés traditionnels de l'Afrique dépassés par la ChinAfrique

Hu Jintao s'est rendu en Afrique en 2004, 2006, 2007 et 2009. Cette régularité a peu d'égal parmi les autres grands pays partenaires de l'Afrique, et traduit les efforts qu'a consentis Pékin pour prend pied sur ce continent. Des efforts qui paient aujourd'hui...

Les alliés traditionnels de l'Afrique sont dépassés aujourd'hui par la Chine car ils n'ont pas eu une politique convenable sur place. Ils ont prôné la démocratie mais leurs actions ont souvent favorisé les dictatures. De plus, le passé colonial reste un point noir dans leurs relations avec les pays d'Afrique, alors que la Chine a une économie non-déficitaire et s'est forgée une image plus positive.

Notamment par le biais d'un passé commun -être victime du colonialisme occidental- que Pékin joue comme carte maîtresse dans sa stratégie de soft power : la Chine se présente comme le premier pays en développement, et donc un modèle à suivre pour les Africains.

Mais la Chine ne se contente pas d'un passé similaire et profite des manques de ses concurrents européens : elle investit dans des secteurs qui étaient délaissés par les Occidentaux et ne fait aucune réclamation sur les questions de droits de l'homme ou de gouvernance interne. Elle représente donc une alternative idéale pour beaucoup de gouvernements africains, qui n'avait pas d'équivalent depuis la fin de la guerre froide et la chute de l'Union soviétique.

Les pays occidentaux peuvent s'inquiéter de leur perte d'influence en Afrique au profit de la Chine, au moment où le continent noir émerge et a pris conscience de ses forces.

Vous pouvez écouter l'interview d'Adama Gaye, journaliste spécialiste de la relation Chine-Afrique et auteur de "Chine-Afrique: le dragon et l'autruche" en cliquant sur le fichier audio situé en haut à droite de l'article.

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