France-Chine: vers la réconciliation?

France-Chine: vers la réconciliation?

Jean-Pierre Raffarin se rendra en Chine le 7 février
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Quelques jours avant son départ pour la Chine, Jean-Pierre Raffarin était l'invité de Chine Hebdo pour évoquer la relation France-Chine. La traversée du désert est-elle bientôt terminée?

Vous avez adressé une lettre au premier ministre chinois Wen Jiabao à l'occasion du Nouvel an chinois. Que lui avez-vous écrit?
Je lui ai souhaité d'abord une bonne année, une année de prospérité et de bonheur comme il se doit et comme le buffle exprime la persévérance, je lui ai dit que c'est l'occasion d'assurer la perséverance dans l'amitié franco-chinoise

vous avez dit il y a quelques semaine qu'entre la France et la Chine les tensions sont plus "profondes". Comment en est-on arrivé là?
Je pense que nous avons toujours fait en sorte que la France ait un statut particulier vis-à-vis de la Chine. Depuis 1964 avec la reconnaissance, nous avons été les premiers et depuis cette période là, nous avons toujours joué la carte de l'originalité, de la spécificité de la relation, différente de tous les autre pays parce que nous avons été les pionniers. Depuis le Général De Gaulle, tous les présidents se sont inscrits dans cette longue tradition d'une relation profondément amicale. Aujourd'hui, la situation est assez grave car les incompréhensions sont fortes et ces incompréhensions doivent être expliquées. La France, d'un côté considère qu'elle n'a pas fait de faute majeure (Nicolas Sarkozy est allé trois fois en Chine dans les dix-huit premiers mois de son mandat) et les Chinois, eux, n'ont pas aimé ce qui a été fait lors du passage de la flamme, ils n'ont pas aimé la manière dont la société française en générale a traité le dalai-lama et puis cette rencontre de Gdansk. Ce que je trouve préoccupant c'est que, d'un côté, en France on estime qu'on n'a pas fait de faute grave et de l'autre côté, les Chinois ont des réponses très fortes. Reporter un sommet EU-Chine, ce n'est pas rien, faire le tour de l'Europe en passant par les pays limitrophes de la France sans y aller, ce n'est pas rien que le premier ministre chinois fasse cela.

Mais alors comment sortir les relations franco-chinoises de l'impasse?
Je crois que l'opinion publique chinoise n'a pas compris pourquoi nous voyons simplement dans le dalai-lama, le moine non violent et que nous ne voyons pas ce que, les Chinois voient, c'est-à dire un militant politique séparatiste. Sur ce point, là il y a une vraie incompréhension qu'il faut lever. Mais ce qui est clair, c'est qu'il n'y pas de problèmes de fond. Dans la mesure où la France a dit clairement qu'elle était favorable à l'unité de la Chine et qu'il n'y a pas de questions qui pourraient remettre en cause l'unité de la souveraineté de la Chine. Là, nous sommes dans des relations qui ont été perçues comme négatives mais sur le fond des choses, c'est notamment Nicolas Sarkozy qui fait en sorte qu'au G20, la Chine soit autour de la table des décisions. On a un certain nombres de divergences mais je crois que la Chine attend surtout de la France qu'elle soit prévisible. Il nous faut sans doute veiller à notre prévisibilité.

wen Jiabao en venant en Europe mais en "coutournant la France" a t-il l'intention de jouer sur les divergences européennes?
Non, je crois que la Chine a surtout voulu montrer qu'elle était attentive à cette question du Tibet et que, de leur point de vue, la France a été négative par de multiples signaux. Il faut qu'on le comprenne. Cela ne veut pas dire que l'on doit s'incliner mais que l'on doit prendre au sérieux les positions de la Chine. Je crois d'ailleurs que ce message s'adresse natuellement à la France mais peut-être aussi à à Barack Obama qui durant sa campagne a eu une attitude favorable à l'égard du dalai-lama. Les Chinois envoient aussi en message, en disant ceux qui ont une attitude ambigue sur ce sujet, ne doivent pas s'attendre à des gestes favorables de notre part.

Vous partez en Chine le 7 février et vous emmenez avec vous une quinzaine de jeunes leaders, quel est l'objectif de ce déplacement?
J'ai créé le programme confucius, un programme franco-chinois qui regroupe 15 jeunes leader potentiels de la société française.
5 députés, 5 sénateurs, 5 hauts fonctionnaires et représentants d'entreprises vont durant deux ans suivre une formation atant pour but de les sensibiliser à la complexité de la relation franco-chinoise. Il effectueront deux voyages en Chine, recevront des Chinois en France et vont suivre une dizaine de conférences pst d'entreprises qui vont durant deux ans sinteresser, deux voyages en Chine, ils vont recevoir des chinois et vont suivre ue dizaine de conferences sur des thèmes tels que l'énergie nucléaire, la questionde l'environnement, l'organisation du PCC.

Est-ce que dans le contexte actuel des relations franco-chinoise, ce voyage a pour objectif aussi de retisser les liens avec la Chine?
Il est clair que je suis en relations permanentes avec le président de la république et son équipe pour que ce voyage s'inscrive dans la levée des ambiguités.