France-Chine : Sarkozy inspire t-il confiance aux Chinois ?

France-Chine : Sarkozy inspire t-il confiance aux Chinois ?

Nicolas Sarkozy et son homologue Hu Jintao
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Du 28 au 30 avril 2010, Nicolas Sarkozy s'était rendu en Chine pour ce que les médias annonçaient comme la visite de la réconciliation entre Paris et Pékin. Au-delà de l'aspect symbolique, le président français a t-il restauré son image auprès du public chinois ? Rien n'est moins sûr...

Lors de l'inauguration de l'Exposition universelle 2010 à Shanghai, Nicolas Sarkozy se tenait aux côtés de son homologue chinois Hu Jintao. L'image a été saisie par la plupart des médias, qui y ont vu un signe supplémentaire de la fin de la brouille sino-française, née suite aux troubles de 2008 au Tibet.

Dans le camp français d'ailleurs, on a tiré un bilan globalement positif de cette deuxième visite officielle en Chine de Nicolas Sarkozy : bien qu'aucun accord vraiment essentiel n'ait été signé, et même si la visite était avant tout symbolique, la fin du contentieux entre Pékin et Paris semble confirmé.

Cela étant, si la France a globalement été "pardonnée" par son partenaire chinois, il serait inopportun d'affirmer qu'il en est de même pour le président français, totalement à l'origine de la crise diplomatique.

Pour rappel des faits, en 2008, après les violentes émeutes qui avaient éclaté au Tibet, le président français avait menacé de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.

L'affaire avait fait grand bruit en Chine, et avait débouché sur des tensions commerciales entre les deux pays. Fin 2008 en Pologne, Nicolas Sarkozy avait remué le couteau dans la plaie en rencontrant le Dalaï-lama, chef spirituel du peuple tibétain et ennemi juré des autorités chinoises.

2009 a ensuite été l'année de la reconstruction des relations Chine-France, et celle de l'adoption d'une politique plus "réaliste" de la part de Nicolas Sarkozy.

Malgré tout, les observateurs et même le grand public chinois semblent garder un certain scepticisme à l'égard du président français : ses incohérences diplomatiques étaient encore pointées du doigt au moment de sa seconde visite officielle dans le pays, et nombreux sont ceux qui ne seraient pas surpris par de nouveaux "écarts".

En 2008, ses propos sur la situation au Tibet et sa menace de boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques avaient été perçus comme une remise en cause de la souveraineté chinoise, une attaque sur un sujet ô combien sensible dans l'Empire du milieu. On ne peut pas dire qu'en 2010, les Chinois aient oublié cela.

Aujourd'hui, si sa politique et sa communication vis-à-vis de la Chine se veut plus conciliante, Nicolas Sarkozy est considéré comme utilisant un double-discours : il se dit prêt à parler des droits de l'homme avec les dirigeants chinois, et n'hésite pas à les mettre entre parenthèses si nécessaire.

Une attitude difficilement critiquable dans la mesure où la quasi-totalité des pays adoptent la même stratégie face à la Chine, y compris les États-Unis de Barack Obama. En s'essayant à jouer le chevalier des droits de l'homme en 2008, puis en rentrant dans le rang, Nicolas Sarkozy n'a finalement fait qu'écorner son image. Sa visite en Chine a d'ailleurs bénéficié d'une couverture médiatique modeste, preuve s'il en est que certains dégâts n'ont pas été réparés.