France-Chine : Pékin ne se laisse plus dicter la leçon

France-Chine : Pékin ne se laisse plus dicter la leçon

Nicolas Sarkozy et son homologue Hu Jintao
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La récente visite de Nicolas Sarkozy en Chine a été présentée comme une preuve de la réconciliation franco-chinoise. Les faits sont catégoriques : celle-ci a été rendue possible par des compromis consentis par le camp français pour ne pas froisser son partenaire chinois.

Du 28 au 30 avril, Nicolas Sarkozy était en Chine pour sa seconde visite officielle en tant que président. L'occasion d'inaugurer le Pavillon français pour l'Exposition universelle, mais aussi de confirmer le réchauffement avec les autorités chinoises.

Depuis plusieurs mois, une tendance s'était développée : la France et la Chine avaient décidé de se rapprocher à nouveau, après les brouilles diplomatiques de 2008. A l'époque, Nicolas Sarkozy avait bousculé les certitudes chinoises en menaçant de boycotter la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, puis en rencontrant le Dalaï-lama en décembre...

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts avec des signes de réconciliation forts comme les visites de Christine Lagarde ou François Fillon en Chine. Pour beaucoup d'observateurs, l'une des raisons majeures a été le bémol consenti dans sa diplomatie par le président français : présence à l'ouverture des JO, rencontre avec le Dalaï-lama hors de France...

Il est donc facile de constater aujourd'hui que la donne diplomatique a changé avec la Chine : celle-ci ne souhaite recevoir de leçon de la part de personne, et exige le respect de certaines règles ayant trait à sa suprématie nationale.

Faut-il pour autant s'inquiéter d'un tel changement ? La question des droits de l'homme est-elle par exemple bannie des rencontres avec les dirigeants chinois ?

Force est de constater que si la Chine est diplomatiquement de plus en plus stricte et puissante, elle s'éloigne chaque jour un peu plus de ce qui lui est reproché : pas encore une démocratie comme on l'entend en Occident, la Chine n'est plus un état totalitaire comme certains la présente.

Il y existe des espaces d'ouverture comme internet -en dépit du contrôle toujours étroit des autorités-, et l'opinion publique est une variante que les décideurs chinois prennent de plus en plus au sérieux. La politique chinoise qui consiste à développer son influence par le prestige et la "soft power" est autant une manière d'affirmer sa puissance au monde que de satisfaire sa population, en lui montrant que le pays avance dans la bonne direction.

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