Eléctions à Hongkong : une victoire au goût de défaite pour les démocrates
Le 16 mai dernier se sont tenues à Hongkong des élections législatives partielles suite aux démissions de cinq députés de l'opposition. Voulant protester contre la lenteur des réformes démocratiques dans l'ancienne colonie britannique, ils ont été largement réélus. Mais en raison d'un faible taux de participation, leur victoire aisée a un goût amer...
L'enjeu de ces élections était simple : montrer haut et fort que le peuple hongkongais n'adhère pas au rythme poussif de l'évolution démocratique actuellement en vigueur. Pour les démocrates, l'abolition des sièges corporatistes – qui permettent à différentes corporations de métiers d'occuper la moitié des sièges du Conseil législatif- doivent être abolis. Le suffrage universel direct doit quant à lui être installé d'ici 2012 voire 2017.
Or, si depuis la rétrocession de 1997, Pékin a admis le principe "d'un pays, deux systèmes" afin de justifier officiellement une autonomie et plus de démocratie pour Hongkong, aucune promesse précise n'a été formulée concernant le suffrage universel direct.
Aujourd'hui, Hongkong bénéficie bien d'un statut de région autonome, avec ses systèmes juridique et politique distincts, seules la diplomatie et la défense étant à la charge du gouvernement central chinois.
Dans les faits cependant, Pékin joue la carte de l'immobilisme sur tout ce qui concerne les éventuelles avancées démocratiques, et cela avec le soutien du gouvernement local actuel et d'autres partis qui lui sont favorables.
On peut estimer que 60% de l'électorat hongkongais souhaite une accélération de l'évolution démocratique. Mais la majeure partie de cette population reste modérée : l'action des cinq députés démissionnaires a véritablement touché les démocrates les plus radicaux.
Cette "faille" a permis aux pro-Pékin de retourner la situation à leur avantage en boycottant ces élections partielles et en accusant les démocrates de gaspiller l'argent public.
Le taux de participation officiel, de l'ordre de 17%, reste important mais bien loin des 25% que visaient les démocrates pour pouvoir faire pression sur les autorités centrales.
La victoire, aussi nette soit-elle, a donc perdu une grande partie de sa valeur et laisse à penser que la majorité de la population hongkongaise est résignée à suivre le rythme dicté par Pékin.

