Corée du nord : un allié imprévisible mais utile pour la Chine
Lundi 3 mai, le leader nord-coréen Kim Jong-Il est arrivé en Chine pour une de ses rares sorties diplomatiques. Selon Chine Nouvelle, il est reparti en fin de semaine en s'engageant à un retour à la table des négociations sur le programme nucléaire de Pyongyang.
L'arrivée en Chine de Kim Jong-Il lundi 3 mai avait quelque chose d'assez surnaturel : une entrée dans Dalian (province du Liaoning, nord-est) en train blindé -il redoute les voyages en avion- et à l'abri plus ou moins du regard des journalistes.
Les déplacements diplomatiques du "cher" dirigeant du pays le plus isolé au monde sont suffisamment rares pour attirer l'attention, d'autant plus qu'ils sont en général liés à la Chine.
Pékin est le seul partenaire et interlocuteur possible pour un régime qui traverse une situation politique et économique difficile. Outre la crise liée à son programme nucléaire, qui est aujourd'hui son seul moyen de faire pression et d'exister sur la scène internationale, la Corée du nord doit assumer les conséquences d'une réévaluation manquée de sa monnaie.
Alors que l'objectif était de contrôler l'inflation, la manœuvre n'a fait que l'accentuer, entraînant un soulèvement populaire et accentuant les risques de famine.
A cela s'est ajouté le 26 mars dernier un incident qui aggrave les tensions entre Pyongyang et Séoul : un accrochage en mer s'est soldé par la destruction d'un navire sud-coréen, et la mort de 50 personnes.
Alors que Kim Jong-Il est dans une santé précaire depuis plusieurs années, et que sa succession n'est pas encore assurée, la Corée du nord semble donc à la croisée des chemins.
La visite en Chine, marquée par un entretien jeudi entre Kim Jong-Il et Hu Jintao, apparaît comme une solution de dernier recours pour Pyongyang. Le régime nord-coréen est venu réclamer une aide financière et diplomatique en échange d'un retour aux négociations sur son programme nucléaire.
C'est tout du moins l'information qu'a communiquée l'agence Chine Nouvelle suite à la visite du leader nord-coréen.
Si ses rapports avec Pyongyang sont un dossier périlleux, Pékin semble se satisfaire de la situation actuelle : face à la communauté internationale, elle apparaît comme le seul recours pour éviter un embrasement dans la région. On peut penser qu'une chute du régime actuel et une réunification lui ferait perdre une partie de son influence.

