Corée du nord : la succession de Kim Jong-Il supervisée par la Chine ?

Corée du nord : la succession de Kim Jong-Il supervisée par la Chine ?

Kim Jong-Il de nouveau en visite en Chine
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Jeudi 26 août, le leader nord-coréen Kim Jong-Il est parti en visite officielle en Chine à peine trois mois après son dernier déplacement. Une anomalie au vu des habitudes du "Cher leader", qui selon les rumeurs, serait venu pour présenter son fils Kim Jong-un, pressenti pour lui succéder.

Un décor surréaliste

Comme toujours avec Kim Jong-Il, le déplacement s'est fait dans un décor irréaliste digne d'une fiction : un déplacement entouré de secret et annoncé au retour du dirigeant à Pyongyang, et surtout, effectué non pas en avion mais via le train blindé personnel du chef d'Etat.

Celui-ci se déplace peu, six fois depuis sa prise de pouvoir en 1994, et privilégie forcément la Chine pour sa frontière commune mais aussi sa position de seul interlocuteur du régime stalinien nord-coréen.

Une autre preuve que la venue en Chine de Kim Jong-Il était tout sauf anecdotique : sa dernière visite datait de mai, un délais cours contraire à ses habitudes.

Un prélude à la succession de Kim Jong-Il ?

Chose courante avec le régime nord-coréen actuel, les médias ont souvent peu d'informations à se mettre sous la dent pour commenter les déplacements diplomatiques de Kim Jong-Il. Les supputations deviennent donc une composante essentielle des articles sur le sujet.

Cette fois-ci, la plupart des observateurs ont rattaché la présence de Kim en Chine à une étape dans la préparation de sa succession, dans la mesure où son troisième fils, Kim Jong-un, l'a accompagné, et qu'une conférence du Polit Bureau du Parti des Travailleurs devrait avoir lieu prochainement.

Ce type de réunion des élites dirigeantes nord-coréennes est rare, la dernière remonte à 1966, et ne concerne que des événements majeurs. Ce qui laisse à penser que la présentation officielle du prochain leader du pays est pour bientôt...

Il faut dire que malgré les démentis, la santé de Kim Jong-Il est de plus en plus fragile. Le processus de mise en place de son successeur aurait donc été accéléré. Sa visite à Pékin semble avoir pour objectif de présenter l'heureux élu, son fils cadet, aux dirigeants chinois.

Pékin décisionnaire ?

Si la venue de Kim Jong-Il à Pékin montre que la Corée du nord prête de l'importance à sa relation avec la Chine -soutien unique et indispensable- le choix de son successeur n'a aucunement été influencé.

Pyongyang a pris l'habitude, pour ne pas froisser son seul "ami", de l'avertir en "première mondiale" avant chaque grande manœuvre politique. Cela avait été le cas notamment en 2007 avant le second sommet intercoréen.

La Chine, forcément, a besoin d'être informée des évolutions majeures chez son allié stratégique. La priorité chinoise reste la stabilité dans la région, d'où le fait que Pékin voit d'un bon œil la préservation de ce régime difficile à prévoir mais qui lui donne du poids diplomatique.

Car une réunification des deux Corées suite à la chute du régime de Pyongyang serait à l'avantage de Séoul, partie la plus développée économiquement. Et indirectement, cela renforcerait l'influence des Ētats-Unis, au détriment de la Chine...

N'oubliez pas de réécouter l'interview d'Olivier Guillard dans Chine Hebdo en cliquant sur le lien en haut à droite de cet article